Sylvester Stallone hué lors de la promotion de Rambo 3 : les raisons derrière la polémique

Image d'illustration. Rambo 3Carolco Pictures / PR-ADN
Lors d’une tournée de promotion pour Rambo 3, Sylvester Stallone a été accueilli par des huées. L’acteur, pourtant habitué à l’enthousiasme du public, a cette fois fait face à une réaction inattendue lors de certains événements.
Tl;dr
- Échec critique pour « Rambo III » en 1988.
- Sortie mal synchronisée avec la fin du retrait soviétique.
- Stallone vivement critiqué et hué lors de la promotion.
Un pari risqué pour Stallone en pleine mutation politique
En 1987, alors que sa carrière connaissait encore un éclat incontesté, Sylvester Stallone devait composer avec l’échec cuisant d’« Over the Top ». Ce film, qui se voulait le « Rocky » du bras de fer professionnel, n’a jamais trouvé son public. Peu convaincant, le projet laissa l’acteur dans une position inconfortable à Hollywood, bien qu’il n’en soit pas à son premier revers.
Le retour de Rambo : un timing désastreux
Dans ce contexte, quoi de mieux pour redorer son blason que de relancer la saga qui avait fait de lui une légende ? C’est ainsi que « Rambo III » s’est imposé comme l’évidence. Reprenant le rôle du célèbre John Rambo, Stallone plongeait cette fois son héros en Afghanistan afin de sauver le colonel Trautman – incarné par Richard Crenna – capturé par les Soviétiques. L’intrigue semblait taillée pour le box-office… jusqu’à ce que l’actualité internationale vienne tout bouleverser.
Car au printemps 1988, sous l’impulsion réformatrice de Mikhaïl Gorbatchev, l’Union soviétique entamait son retrait définitif d’Afghanistan. Moins de deux semaines avant la sortie du film, ce contexte géopolitique inédit rendit soudainement le scénario du film obsolète. Tandis que le monde célébrait la détente entre Est et Ouest, voilà que surgissait un blockbuster américain aux accents ouvertement belliqueux.
L’accueil glacial des médias et du public
La réaction ne s’est pas fait attendre : en pleine tournée promotionnelle, Stallone fut confronté à une presse sceptique et à des spectateurs parfois hostiles. Lors d’un entretien vidéo accordé à GQ, il se souvient : « [F]rom the time we were editing to the time it came out, Russia… decided to come over and shake hands and kiss and make up. And now everyone goes, ‘What is Stallone trying to do? Start another war with Russia?’ » Malgré des cascades sans trucages numériques – une rareté à l’époque –, les critiques fusèrent sur le caractère dépassé et inutilement agressif du film.
Pour mieux cerner l’impact de cet échec commercial et critique, il suffit de considérer les chiffres :
- 189 millions de dollars récoltés mondialement, loin derrière les 300 millions du précédent opus.
- L’image d’un héros jugé déconnecté d’une époque aspirant à la paix.
L’après-Rambo : traversée du désert puis renaissance
Il aura fallu attendre vingt ans et une vague de nostalgie suscitée par « Rocky Balboa » pour voir renaître John Rambo sur grand écran en 2008. Entre-temps, le personnage emblématique était devenu celui d’une époque révolue, rattrapée par le cours imprévisible de l’Histoire.