Sylvester Stallone regrette d’avoir supprimé une scène clé de Rambo : First Blood

Image d'illustration. RamboAnabasis N.V. / PR-ADN
Sylvester Stallone revient sur la production de "Rambo: First Blood" et admet que la suppression d'une scène spécifique du film a été, selon lui, une erreur majeure. L’acteur partage aujourd’hui ses regrets concernant ce choix artistique.
Tl;dr
- Le shérif devait être un ancien combattant de Corée.
- Stallone a rendu Rambo plus humain et moins violent.
- L’aspect guerre oubliée aurait enrichi la rivalité.
La face cachée du shérif Teasle dans « First Blood »
Si l’on pense souvent à John J. Rambo comme au prototype du héros d’action, le premier volet de la saga, sorti en 1982, révèle une réalité bien plus nuancée. À l’origine, le scénario prévoyait que le personnage campé par Sylvester Stallone affronte un adversaire d’une tout autre envergure : un shérif, incarné par Brian Dennehy, lui-même vétéran de la guerre de Corée. Ce détail capital, pourtant écarté du montage final, aurait profondément modifié l’intensité du conflit entre les deux hommes.
Un affrontement effacé entre anciens combattants
L’idée initiale était limpide : opposer deux figures marquées par des guerres différentes mais tout aussi dévastatrices. Selon Sylvester Stallone, interrogé par GQ, le shérif Will Teasle devait puiser sa hargne contre Rambo dans son propre passé militaire. « Ils ont supprimé ce point crucial du scénario. Teasle avait combattu en Corée, une guerre dont personne ne parle vraiment alors que 35 000 Américains y sont morts », confie-t-il aujourd’hui avec regret.
La confrontation n’aurait donc pas seulement reposé sur la fierté blessée d’un chef de police local, mais sur une rivalité complexe entre deux vétérans victimes d’oubli ou de rejet de la société. Un choix scénaristique finalement abandonné qui, selon l’acteur, aurait ajouté « une dimension étrange et personnelle au conflit ».
Des choix audacieux pour humaniser Rambo
Longtemps avant la déferlante des héros invincibles comme John Wick, Rambo naît sous la plume de David Morrell en 1972 : il s’agit alors d’un homme brisé par la guerre du Vietnam, hanté et marginalisé. À l’écran, c’est sous l’impulsion directe de Stallone que le personnage prend une tournure moins sanguinaire et plus humaine. L’acteur réécrit une grande partie du script, retire quasiment toute scène de meurtre et fait de son protagoniste un homme cherchant surtout à éviter l’affrontement.
Pour fluidifier cette évolution psychologique et rendre la lecture plus claire, rappelons ici trois grands changements apportés par Stallone :
- Diminution radicale du nombre de morts à l’écran.
- Coupures massives dans les dialogues pour renforcer le silence du héros.
- Tonalité générale assombrie remplacée par une quête d’espoir et d’évasion.
L’héritage d’un film devenu culte
Même amputé de certaines couches sociales issues du roman d’origine – notamment cet affrontement symbolique entre anciens combattants –, First Blood s’impose comme un monument du cinéma d’action. Si Stallone regrette encore l’absence de cette facette chez le shérif Teasle, il n’en reste pas moins que la franchise lancée ce jour-là continue d’influencer tout un pan du septième art. L’histoire aurait-elle été plus profonde avec ce face-à-face oublié ? Peut-être. Mais le mythe, lui, est intact.