En bref
- Attention, spoilers sur Supergirl
- Pas de vrai pont vers Man of Tomorrow
- DC Studios mise sur des récits autonomes
On pouvait s’attendre à un gros panneau pointant vers Man of Tomorrow. Ce n’est pas ce que fait Supergirl. Malgré le retour déjà confirmé de Milly Alcock dans la suite de Superman, le film choisit une voie bien plus simple, et franchement plus cohérente, raconter une histoire complète.
Un an après le lancement du nouveau DCU au cinéma avec Superman, l’arrivée de Kara Zor-El comptait forcément double. D’abord parce que le personnage retrouve enfin la tête d’un film live, plus de quatre décennies après sa précédente aventure en solo. Ensuite parce qu’un univers partagé crée des réflexes chez le public, on cherche les indices, les pièces du puzzle, le prochain rendez-vous.
Un film qui préfère se suffire à lui-même
Ici, rien de tout ça ou presque. Supergirl suit surtout Kara et Ruthye Marye Knoll dans leur traque de Krem of the Yellow Hills. L’une veut venger sa famille assassinée, l’autre tente de sauver Krypto, empoisonné par Krem. Le film tient sur cette dynamique et il ne s’en excuse jamais.
Résultat, quand le générique tombe, il ne reste pas de fil narratif évident que Man of Tomorrow devrait ramasser derrière. Pour un univers connecté, c’est presque à contre-courant. Mais ça évite aussi le syndrome du chapitre intermédiaire, celui qui existe surtout pour vendre l’épisode suivant.
Les deux pistes qui ressemblent à des indices
Il y a bien deux éléments qui peuvent faire lever un sourcil.
Le premier, c’est Krypton. Des flashbacks reviennent sur le traumatisme de Kara et sur la destruction de sa planète. Dans certaines versions de l’univers DC, Brainiac, annoncé comme le vilain de Man of Tomorrow, est lié à cette catastrophe. Sauf qu’ici, son nom n’apparaît jamais. Kara explique seulement à Ruthye que les avertissements de Zor-El et Jor-El ont été ignorés, condamnant la planète. Pas grand-chose de plus.
L’autre piste, c’est la scène finale entre Kara et Clark. Elle lui dit qu’elle va rester sur Terre quelque temps. Oui, on peut y voir un petit clin d’œil vers son retour l’été prochain. Mais dans le film, cette scène sert surtout de fermeture émotionnelle. Plus tôt, Clark s’inquiétait de voir sa cousine repartir sans cesse d’une planète à l’autre, incapable de se poser. Après son voyage avec Ruthye, elle choisit enfin d’aider les autres et trouve sa place.
Le choix plus large du DCU version Gunn
Ce minimalisme n’a rien d’un oubli. James Gunn a déjà expliqué qu’il voulait des œuvres capables de tenir debout seules, sans imposer trop de devoirs au spectateur. En gros, un début, un milieu, une fin.
Le nouveau DCU garde bien un plan d’ensemble, avec des éléments appelés à revenir ailleurs, comme Salvation dans la saison 2 de Peacemaker. Mais pour l’instant, DC Studios ne force pas les raccords. Et c’est peut-être la meilleure nouvelle de Supergirl, un univers partagé qui respire encore comme du cinéma, pas comme un simple calendrier.