En bref
- Le film change l’origine de Kara
- Le choix clarifie la chronologie du DCU
- Et il revient aux premiers comics
Le nouveau DCU a un problème simple à résoudre, être lisible dès le départ. C’est dans ce cadre que le film Supergirl modifie un point de lore qui fait déjà grincer des dents, Kara Zor-El n’y naît plus sur Krypton, mais dans Argo City, huit ans après la séparation de la cité d’avec la planète.
Un DCU qui cherche une chronologie plus nette
Dans cette version, la Supergirl de Milly Alcock a 23 ans, quand le Superman de David Corenswet en a 31. Le rapport entre les deux devient tout de suite plus clair, avec une Kara réellement plus jeune que Kal-El.
Ce n’est pas un détail. En la faisant naître sur le fragment survivant d’Argo City plutôt que sur Krypton avant sa destruction, le film évite de charger sa chronologie avec des calculs d’âges, de trajets spatiaux et d’animation suspendue. Pour un univers partagé qui démarre, c’est un choix assez logique. Et pour le public qui ne vit pas dans les encyclopédies DC, c’est clairement plus simple à suivre.
Ce retour en arrière renvoie aux débuts du personnage
Le plus intéressant, c’est que cette idée n’a rien d’une trahison pure et simple. Quand Otto Binder et Al Plastino introduisent Supergirl en 1959 dans Action Comics #252, Kara vient déjà d’Argo City, après l’explosion de Krypton.
À l’époque, elle est vraiment plus jeune que Clark Kent. Elle n’arrive sur Terre qu’après la destruction de la protection en plomb qui entourait sa ville. Cette version avait le mérite d’aller droit au but. Le film de Craig Gillespie retrouve justement cette simplicité-là, ce qui est quand même plus malin qu’il n’y paraît.
Pourquoi les versions modernes ont tout compliqué
Ensuite, les comics ont beaucoup réécrit le personnage. Après les événements de Crisis dans les années 1980, l’origine de Kara a fini par changer au point d’en faire, chronologiquement, une cousine plus âgée que Superman.
Dans The Supergirl from Krypton en 2004 puis à l’ère New 52, elle vit sur Krypton quand Kal-El est encore bébé, part pour le protéger, puis reste bloquée pendant des décennies dans un astéroïde de kryptonite. Résultat, elle arrive adolescente sur Terre, alors que lui est déjà adulte. Sur le papier, ça se tient. À l’écran, disons que ça peut vite ressembler à un mode d’emploi.
Woman of Tomorrow reste une base, pas une cage
Le film est une adaptation assez libre de Supergirl: Woman of Tomorrow, le comics de Tom King et Bilquis Evely. Dans cette version, Kara naît sur Krypton, y grandit jusqu’à 14 ans, puis survit encore un an sur un morceau mourant d’Argo City avant de fuir.
Mais le cinéma n’a pas toujours intérêt à reprendre toute la mécanique d’un comics, surtout quand elle alourdit la lecture de l’univers. En revenant à une origine plus ancienne et plus directe, Supergirl choisit la cohérence avant le fétichisme du détail. Le film est maintenant en salles, et ce choix dit déjà quelque chose du projet DCU, moins obsédé par l’empilement de lore, plus attentif à la clarté de ses personnages.