Slow HorsesEn bref
- La saison 6 retrouve un ton plus sombre
- River Cartwright revient au centre
- Le changement de showrunner se sent déjà
Le plus important avec Slow Horses, ce n’est pas l’intrigue seule. C’est le ton. Et la saison 6 comprend ça d’entrée. Après une saison 5 un peu trop occupée à pousser le curseur comique, la reprise remet la série sur un terrain plus sombre, plus tendu, plus humain.
Le vrai problème de la saison 5 n’était pas l’intrigue
La saison 5 n’a jamais été ratée. Mais elle avait un souci assez net, son équilibre. En donnant beaucoup de place à Roddy Ho, le hacker autocentré incarné par Christopher Chung, la série s’est éloignée de cette ligne très fine entre satire et espionnage sec qu’elle tenait si bien jusque-là.
Même contrainte d’adaptation ou pas, puisque cette saison venait du roman London Rules de Mick Herron, le dosage restait un choix d’écriture. Et sur ce point, ça forçait un peu. La scène où River Cartwright et J.
K. Coe, joués par Jack Lowden et Tom Brooke, tuent accidentellement un politicien d’extrême droite ressemblait presque à une parenthèse burlesque de trop. Pas catastrophique. Juste décalée, quand même.
Une première scène qui piège puis assombrit tout
La saison 6 adapte cette fois Joe Country et Slough House, toujours signés Mick Herron. Son premier épisode commence avec Struan Loy, joué par Paul Higgins, en plein discours très sérieux, avant qu’on découvre qu’il parle à une classe d’enfants. Sur le papier, on pouvait craindre une rechute vers le clin d’œil appuyé.
Mais non. La série bifurque vite, et durement, quand Struan Loy finit brûlé vif dans un conteneur. Résultat ? Le cadre est posé. La saison veut retrouver une vraie gravité, sans renoncer à son ironie naturelle.
River redevient le cœur humain de la série
Là où Slow Horses est souvent meilleure que ses rivales, c’est dans sa façon de ne pas transformer chaque mort en grand mausolée dramatique. Cette fois, il y a une exception, et elle compte. David Cartwright, incarné par Jonathan Pryce, est mort, et River Cartwright semble porter ce deuil bien au-delà d’une simple mention de scénario.
Une scène précoce avec Diana Taverner, jouée par Kristin Scott Thomas, le montre bien. Elle remet à River Cartwright un dossier rempli de photos de lui et de son grand-père au fil des années. C’est simple, presque sec, et très efficace. On retrouve ici la fibre de la saison 4, sans insister lourdement.
Un changement d’équipe qui se voit déjà
Il y a aussi un contexte de coulisses. Will Smith, scénariste en chef jusque-là, avait défendu le virage plus léger de la saison 5 au nom de la variété après une saison 4 très grave. L’idée se tenait. L’exécution, un peu moins.
Depuis, Will Smith a quitté la série. Gaby Chiappe, passée par The Level, prend la main. Et pour l’instant, ça se sent dans le bon sens. Sous la pluie, dans les scènes de cimetière anglais, avec le retour de Frank Harkness joué par Hugo Weaving, Slow Horses retrouve une densité qu’elle avait brièvement relâchée. Si la suite tient ce cap, la série peut repasser de très bonne à franchement grande.