En bref
- La mort de Buffy était préparée dès la saison 3
- Le chiffre 730 revient comme indice central
- Dawn aussi était annoncée très tôt
La saison 5 de Buffy the Vampire Slayer paraît encore plus solide quand on regarde en arrière. La mort de Buffy Summers, incarnée par Sarah Michelle Gellar, n’a pas été inventée au dernier moment pour le final The Gift. Tout était semé, parfois deux ans plus tôt, avec une précision assez rare pour une série de cette époque.
Une mort prévue bien avant le grand saut
Le premier vrai caillou sur le chemin arrive dans Graduation Day, Part 1 et Part 2. Après leur affrontement, Buffy et Faith, jouée par Eliza Dushku, se retrouvent toutes deux entre la vie et la mort. Ce passage compte, parce que les Tueuses partagent ce lien presque prophétique, et le rêve commun devient un terrain parfait pour annoncer la suite.
Faith y lance une phrase cryptique sur les 730 jours et sur Little Miss Muffet. Le chiffre est le plus frappant. Deux ans plus tard, grosso modo, Buffy meurt. Joss Whedon a d’ailleurs expliqué que cette issue était pensée depuis la fin de la saison 3. Il y aurait même eu une correspondance encore plus nette sans le report du final de saison après la tragédie de Columbine. Et la référence au poème de Robert Frost dit la même chose autrement, il lui reste encore du chemin avant la fin.
Le détail qui replie le temps
Un an plus tard, Restless remet une couche. Dans le rêve de Buffy, Tara, jouée par Amber Benson, parle près d’une horloge numérique affichant 7:30. Buffy note qu’il est tard, et Tara répond que l’horloge se trompe complètement. L’idée est simple et assez élégante, le décompte continue, mais il a déjà été réduit de moitié.
Il y a aussi un possible indice plus discret dans Who Are You?. Quand Faith, dans le corps de Buffy, vole une carte bancaire chez les Summers pour réserver un vol, sa date d’expiration affiche 05/01, soit le mois et l’année de la mort de l’héroïne. Coïncidence, peut-être. Mais vu le niveau de préparation, la piste tient quand même.
Dawn arrive avant même d’exister
L’autre morceau du puzzle, c’est Dawn Summers, incarnée par Michelle Trachtenberg. Le fameux Miss Muffet du rêve de Faith pointait déjà vers elle. La série y revient dans Real Me, quand une victime de Glory répète une formule liée à la comptine. Puis dans No Place Like Home, Glory évoque encore quelqu’un assis sur un tabouret, alors même qu’elle cherche Dawn sans encore savoir qui elle est.
Et ce n’est pas tout. Dans This Year’s Girl, Faith annonce à Buffy que sa petite sœur arrive. Puis, dans Restless, Tara lui glisse qu’elle doit revenir avant Dawn. Quand Dawn débarque enfin en ouverture de saison 5, la série ose un pari culotté, faire comme si elle avait toujours été là.
Pourquoi cette mécanique compte encore
Ce genre de foreshadowing change la lecture de la série. La mort de Buffy reste l’une des scènes les plus dures, portée en plus par la musique de Christophe Beck. Mais elle frappe aussi parce qu’elle semble inévitable rétrospectivement, pas arbitraire.
Bref, la saison 5 donne l’impression d’être pensée en profondeur, et c’est aussi ce qui aide l’arrivée de Dawn à fonctionner. Même la saison 6, souvent contestée, garde du sens parce qu’elle assume des conséquences après la résurrection. Reste un contraste difficile à ignorer, le soin apporté à l’écriture n’efface pas les accusations de comportement abusif visant Joss Whedon. La série, elle, continue pourtant d’exister au-delà de lui, et c’est peut-être là son vrai poids culturel.