En bref
- John Cena débute vraiment avec The Marine en 2006
- Le film réunit déjà Cena et Robert Patrick
- Son échec annonce pourtant la force de Peacemaker
Un mauvais film peut parfois raconter plus de choses qu’un bon. Dans le cas de John Cena, c’est même assez frappant, parce que The Marine, son vrai départ au cinéma en 2006, ressemble aujourd’hui à une sorte de brouillon maladroit de Peacemaker.
Un lancement discret, presque invisible
Techniquement, John Cena était déjà passé par le grand écran en 2000 dans Ready to Rumble. Mais comme simple figurant non crédité. Le vrai point de départ, c’est donc bien The Marine.
Le problème, c’est que le film partait avec pas mal de freins. Il venait de WWE Films, ce qui a sans doute refroidi une partie du public en dehors des fans de catch. Et son histoire n’avait rien de très distinctif : Cena y joue John Triton, un ancien Marine lancé à la poursuite d’un groupe de voleurs après l’enlèvement de sa femme.
Vu de loin, on a un actioner parmi d’autres. Vu de près, pas beaucoup mieux. Les critiques ont été mauvaises, avec un score de 17 % sur Rotten Tomatoes, et le box-office est resté faible. Résultat ? Pas d’héritage durable, ou presque.
Le duo avec Robert Patrick n’a pas disparu par hasard
Là où le film devient plus intéressant, c’est avec Robert Patrick. Dans The Marine, l’acteur de Terminator 2: Judgment Day incarne Rome, le chef du gang qui enlève la femme du héros.
Et ce face-à-face a une drôle de résonance aujourd’hui. Des années plus tard, Cena et Patrick se retrouvent dans Peacemaker, mais avec une dynamique encore plus lourde. Patrick y joue Auggie Smith, le père de Christopher Smith, personnage incarné par Cena.
Cette fois, la violence n’est plus seulement celle d’un film d’action musclé. Auggie est présenté comme un père abusif et le chef d’un gang suprémaciste blanc. Les deux acteurs se retrouvent donc, encore, dans des camps opposés. Bref, revoir leur premier affrontement à l’écran donne une saveur particulière à leur collision beaucoup plus émotionnelle dans la série.
Pourquoi ce raté annonçait malgré tout Peacemaker
Ce que The Marine montre surtout, c’est ce qui ne fonctionnait pas encore chez John Cena. L’acteur a reconnu lui-même qu’il n’était pas prêt, qu’il connaissait mal le cinéma et qu’il avait eu du mal à passer de la WWE à un tournage de film.
Ça se voit. Mais ce n’est pas le plus intéressant. Le plus intéressant, c’est que Cena n’est clairement pas à son meilleur en héros d’action rigide, fermé, générique. Sa vraie force est ailleurs : un mélange de charisme, de présence physique et d’un vrai sens du comique.
On l’a revu plus tard. Beaucoup l’avaient trouvé décevant dans F9: The Fast Saga, avant de le voir voler plusieurs scènes dans Fast X quand le personnage s’autorisait enfin des notes plus légères. Peacemaker, lui, a compris la formule : laisser John Cena cogner, oui, mais aussi le laisser être drôle. Et c’est souvent là qu’une carrière bascule, pas quand un acteur change, quand un rôle comprend enfin ce qu’il sait faire.