En bref
- Prey a relancé les spéculations autour des Yautja
- Certaines théories collent aux films, d’autres non
- Le flou de la saga reste sa vraie force
On ne sait toujours pas vraiment pourquoi les Predators chassent comme ils le font. Et c’est précisément ce qui garde la saga vivante, bien après le film de John McTiernan sorti en 1987.
Depuis, la franchise a empilé quatre suites directes, deux crossovers avec Alien et pas mal de matériaux annexes. La réception, elle, a souvent été inégale pour Predator 2, Predators, The Predator et les Alien vs. Predator. Puis Prey, en 2022, a remis tout ça sur les rails avec le meilleur accueil critique de la série.
Le vrai moteur des débats, c’est le silence des Yautja
La saga évite presque toujours d’expliquer les motivations des Yautja, et elle ne raconte jamais l’histoire de leur point de vue. Résultat, les trous se remplissent tout seuls. Par les personnages, par les fans, par nous.
Bon, il y a des théories franchement solides.
Quand les théories renforcent vraiment les films
La plus convaincante vise le City Predator de Predator 2. L’idée, c’est qu’il ne chasse pas seulement des barons de la drogue, il s’en sert comme appât pour attirer des proies plus dangereuses, les fédéraux. Ça explique assez bien les indices laissés derrière lui, de la pointe de lance extraterrestre à l’abandon momentané du camouflage, et même l’arrivée finale d’autres Predators comme équipe de nettoyage.
Autre piste solide, les humains seraient si recherchés parce que la conscience et la technologie sont rares dans cet univers. Nous ne sommes pas les plus puissants physiquement, mais nous savons retourner une chasse. Vu ce qu’on aperçoit dans Predators, où la réserve de chasse montre très peu d’autres proies intelligentes, et même en comptant les Engineers de Prometheus, ça se tient.
Il y a aussi cette lecture assez élégante du final du premier film, selon laquelle le Predator laisse Dutch fuir et déclenche l’autodestruction pour effacer les preuves, en imitant le rire de Billy pour lui dire de partir. Seul souci, Predator 2 décrit une explosion énorme, bien trop vaste pour que Dutch ait réellement pu s’échapper à temps.
Même registre avec Naru et le pistolet Raphael Adolini 1715 vu dans Prey puis offert à Mike Harrigan dans Predator 2. Une théorie imagine que Naru le donne elle-même à un Yautja comme offrande de paix, ce qui ferait un joli écho au cadeau final reçu par Harrigan. Et puis il y a le petit plaisir coupable du Val Verde Cinematic Universe, nourri par Steven E. de Souza, entre Commando, Die Hard 2 et possiblement Predator. Fragile, mais amusant.
Quand l’interprétation contredit frontalement la saga
Le Predator pacificateur qui viendrait punir les mauvais humains, non. Entre les trophées, les écorchages et le récit d’Anna Gonsalves sur « le démon qui fait des trophées d’hommes », l’idée s’effondre vite.
Même problème pour le sac-médecine de Billy, censé être celui de Naru. Qu’un petit sac survive près de quatre siècles, passe par 18 générations, relie deux personnages autochtones de la même lignée et les fasse tous deux croiser des chasseurs extraterrestres, ça fait beaucoup.
Et ce n’est pas fini. L’équipe de Dutch n’a probablement pas accepté sans le savoir une partie lancée par le Predator, malgré l’hélicoptère et les corps comme prétendue invitation. La CIA au courant de la présence extraterrestre sans prévenir Dillon, ça n’a guère plus de sens. Quant à Riddick élevé par un Predator, c’est surtout un crossover de fan-fiction sans ancrage dans les films.
La théorie qui résume toute l’ambiguïté de la franchise
Reste la plus drôle : la Terre serait une planète de rattrapage pour Predators médiocres, envoyés chez nous pour se refaire. Vu le nombre de fois où des humains moins avancés technologiquement finissent par les battre, l’idée fait sourire. Mais on ne voit, par définition, que les chasses où l’homme gagne.
Bref, ces théories racontent presque autant la saga que les films eux-mêmes. Et avec tous les projets Predator jamais produits, on peut parier sur une chose, le vide autour des Yautja n’est pas un problème à corriger, c’est le carburant de la franchise.