En bref
- Prey est arrivé en streaming le 5 août 2022
- Le film replace Predator en 1719
- La saga a retrouvé un vrai souffle
Il y a des franchises qui reviennent par la grande porte. Predator, lui, a retrouvé de l’élan via le streaming. Le 5 août 2022, Prey débarquait directement sur les plateformes, et ce choix n’a pas empêché le film de faire ce que plusieurs suites, reboots et dérivés n’avaient jamais vraiment réussi, redonner une raison d’exister à la série.
Un retour décisif, mais hors des salles
Ce qui frappe, c’est le contraste. On parle d’une saga née au cinéma, portée en 1987 par Arnold Schwarzenegger, et son vrai rebond récent s’est joué sans passage en salles. Bon, cela aurait pu ressembler à une sortie discrète. C’est l’inverse qui s’est produit.
Avec Prey, la franchise a enfin trouvé une suite capable de relancer l’intérêt pour Predator au XXIe siècle. Pas en gonflant artificiellement l’échelle. Pas en misant sur la nostalgie seule. En revenant à une idée plus nette.
Changer d’époque pour retrouver la bonne formule
Réalisé par Dan Trachtenberg, déjà derrière 10 Cloverfield Lane, le film déplace l’action dans les Grandes Plaines du Nord vers 1719. Et là, tout change. Amber Midthunder incarne Naru, une héroïne qui ne dispose ni de l’arsenal du commando du film original, ni de la masse physique d’un Schwarzenegger.
Du coup, le rapport de force redevient passionnant. Là où le premier Predator compensait la puissance du monstre par la carrure de son héros, Prey mise sur autre chose, la ruse, l’observation, les capacités de chasse. C’est plus tendu, et franchement plus fin que pas mal de tentatives récentes.
Pourquoi les autres suites n’y arrivaient plus
Le problème ne date pas d’hier. Après le premier film, la série n’a jamais retrouvé cet équilibre très rare entre horreur, action et film de guerre. Predator II, sorti en 1990, partait vers un mélange étrange de polar futuriste et de gore, avec une dette visible envers Robocop. Predators, en 2010, avait bien une planète extraterrestre comme décor, mais l’ensemble retombait dans une chasse de science-fiction assez classique.
Et puis il y a les cas plus lourds. Les spin-off Alien vs. Predator n’ont pas aidé. The Predator, en 2018, avait pourtant un casting solide et Shane Black à la réalisation, sans réussir à raviver la franchise. Même constat côté Alien, souvent cité en miroir, avec des suites comme Alien 3 ou Alien: Resurrection qui ont divisé, malgré le prestige des débuts et les préquelles plus tardives de Ridley Scott.
Le monstre redevient intéressant
Le vrai mérite de Prey n’est pas seulement de refaire du suspense. Le film rend aussi le Predator plus complexe, presque plus lisible dans sa logique. Pas juste une machine à tuer. Une créature intelligente, pensée autrement que les Xénomorphes d’Alien, définis d’abord par leur brutalité.
Et c’est là que le film pèse encore aujourd’hui. Il a posé, discrètement, les bases d’une évolution plus large, au point de préparer le terrain pour Predator: Badlands, attendu en 2025, où la créature doit carrément devenir un héros. Pour une franchise qu’on croyait coincée dans ses propres suites, ce n’est pas rien.