En bref
- Les films jumeaux existent toujours depuis 2020
- Certains duos ont été presque oubliés
- L’écart vient souvent du traitement
On pensait le phénomène un peu rangé avec les curiosités d’un autre Hollywood. Raté. Depuis 2020, les films jumeaux, ces longs-métrages qui sortent presque en même temps avec un point de départ très proche, continuent de tomber par paires.
Et pas seulement sur des idées larges. Parfois, la ressemblance va très loin, au point de donner l’impression que l’industrie travaille en miroir. Le plus frappant, c’est que plusieurs de ces duos sont passés sous le radar, notamment quand une sortie en salle n’a pas vraiment porté le film.
Le phénomène n’a jamais vraiment disparu
Le principe est simple, deux projets voisins arrivent à quelques mois d’écart, parfois la même année, parfois presque. Bon, ce n’est pas nouveau, mais la décennie actuelle en offre encore des cas très nets, et certains ont été largement oubliés alors qu’ils feraient un vrai bon double programme.
Ce qui compte, ce n’est pas seulement la similarité du pitch. C’est ce que chaque film en fait. Même histoire de départ, réception complètement différente, ou angle de vue opposé. C’est là que le sujet devient intéressant.
Quand le même point de départ produit deux résultats opposés
Le cas le plus visible reste Pinocchio en 2022. D’un côté, Disney a sorti sur Disney+ sa version en prises de vues réelles signée Robert Zemeckis, avec Tom Hanks en Gepetto. Visuellement solide, portée par un casting reconnu, elle a pourtant été perçue comme un remake largement dispensable, et elle n’a laissé presque aucune trace.
En face, Guillermo del Toro’s Pinocchio, coréalisé par Guillermo del Toro et Mark Gustafson, a pris une autre route. L’animation en stop-motion et le décor de l’Italie fasciste ont donné au conte une vraie personnalité. Beaucoup y voient même la meilleure version de l’histoire.
Même mécanique pour Elvis puis Priscilla. Le premier, sorti en 2022, a cartonné au box-office mondial, avec près de 276 millions d’euros (près de 300 millions de dollars) et une nomination aux Oscars pour Austin Butler. Le second, signé Sofia Coppola en 2023, a rapporté un peu plus de 28 millions d’euros (un peu plus de 30 millions de dollars), donc bien moins, mais il s’est concentré sur Priscilla Presley. Cailee Spaeny a décroché une nomination aux Golden Globes, tandis que Jacob Elordi montrait un Elvis Presley plus frontal, y compris sur ses pires travers.
L’étrangeté monte d’un cran côté horreur
Là, on n’est plus dans la coïncidence vague. The First Omen et Immaculate reposent sur un point de départ étonnamment précis, de jeunes nonnes américaines à Rome, enceintes sans l’avoir prévu, et portant un enfant démoniaque proche de l’Antéchrist.
The First Omen sert de préquelle à The Omen de 1976, et c’est même le sixième épisode de la franchise. Les critiques ont été bonnes, et le film a aussi bien marché commercialement. Immaculate, lui, n’appartient à aucune saga, mais a lui aussi été bien reçu. Il a même mieux performé au box-office rapporté à son petit budget, aidé par la popularité de Sydney Sweeney.
Le slasher temporel et le rituel satanique continuent la série
Autre duo, plus discret. Totally Killer, sorti en 2023 sur Prime Video, mélange horreur, science-fiction et comédie quand Jamie, jouée par Kiernan Shipka, remonte le temps après le meurtre de sa mère pour empêcher le Sweet 16 Killer, dont la série de crimes avait commencé en 1987.
Un an plus tard, Netflix dégaine Time Cut. Cette fois, Lucy, incarnée par Madison Bailey, repart 20 ans en arrière jusqu’en 2003 pour sauver sa grande sœur d’un tueur masqué. Le contraste critique est rude, 85 % sur Rotten Tomatoes pour Totally Killer, 26 % pour Time Cut. Mais pour les amateurs de slasher teinté d’humour, les deux ont quelque chose.
Et la version 2026 du phénomène est presque caricaturale. Ready or Not 2: Here I Come ramène Grace, jouée par Samara Weaving, face à de nouvelles familles riches qui la chassent dans un rituel satanique, avec en plus l’arrivée de sa sœur Faith, interprétée par Kathryn Newton. En parallèle, They Will Kill You suit Asia, jouée par Zazie Beetz, femme de ménage dans une tour new-yorkaise où les employés veulent la tuer, eux aussi pour un rituel satanique, pendant qu’elle tente de survivre avec sa sœur. Beaucoup ont ignoré They Will Kill You. Dommage, parce que ce genre de doublon dit quelque chose de très concret sur Hollywood, les idées circulent vite, mais c’est toujours l’exécution qui fait la différence.