Pourquoi la comparaison entre The Martian et MacGyver tient si bien

Andy Weir n’a jamais rejeté le parallèle entre The Martian et MacGyver. Et ce n’est pas qu’un clin d’œil de fans, loin de là.

Seul sur Mars
Image d'illustration. Seul sur Mars — 20th Century Fox / PR-ADN

En bref

  • Andy Weir valide la comparaison
  • The Martian repose sur l’ingéniosité
  • Le parallèle dit beaucoup du film

Pour Andy Weir, comparer The Martian à MacGyver n’a rien d’une lecture paresseuse. C’est même l’inverse.

Interrogé en février 2014 par Paul Semel, soit plus d’un an avant l’arrivée du roman au cinéma, l’auteur expliquait qu’il n’avait pas du tout été surpris par ce rapprochement. Il jugeait Mark Watney assez débrouillard pour que ça saute aux yeux, et il ajoutait même, à propos de MacGyver, « Être comparé favorablement à une grande série comme MacGyver est un compliment ». Bref, le parallèle est assumé à la source.

Un héros qui survit en bricolant l’impossible

Ce qui compte, ce n’est pas juste l’image du type malin avec trois bouts de ficelle. Dans The Martian, Watney est laissé pour mort pendant une mission sur Mars, alors qu’il est toujours vivant. Il doit contacter la Terre, tenir assez longtemps pour qu’un plan de sauvetage prenne forme, et trouver de quoi manger en attendant, y compris en faisant pousser de la nourriture dans le sol martien.

C’est là que la comparaison avec MacGyver fonctionne si bien. Pas parce que Watney a un couteau suisse et du ruban adhésif, justement. Mais parce que tout le récit repose sur une même mécanique, résoudre des problèmes complexes avec des ressources limitées, puis enchaîner avant que le suivant n’arrive. Une logique de survie, presque de puzzle grandeur nature.

Pourquoi tout le monde voit MacGyver tout de suite

Il faut aussi se souvenir du poids de la marque MacGyver dans la culture pop. La série originale démarre en 1985 sur ABC et dure sept saisons. Bien plus tard, CBS relance le concept en 2016 avec un reboot qui, lui aussi, tiendra cinq saisons.

Et dans les deux cas, la promesse reste la même. Le personnage titre, joué d’abord par Richard Dean Anderson puis par Lucas Till, se sort régulièrement de situations tordues en fabriquant des dispositifs compliqués à partir d’objets ordinaires. Du coup, voir The Martian comme une version spatiale de cette idée, ce n’est pas tirer le trait trop loin.

Un schéma narratif qui a aussi payé à Hollywood

Le plus intéressant, c’est que cette structure d’ingéniosité ne s’est pas arrêtée au roman. L’adaptation de Ridley Scott, avec Matt Damon, a été tournée très vite, sans multiplier les dizaines de prises inutiles. Le film a ensuite été très bien reçu et a rapporté environ 584 euros millions (630 millions de dollars), l’un des gros succès des carrières de Scott et Damon.

Depuis, Andy Weir a continué sur sa lancée. Son livre Project Hail Mary, paru en 2021, est devenu un autre best-seller, avec une adaptation portée par Ryan Gosling. Et oui, on peut y revoir un peu du même ADN. Ce n’est pas anodin. Dans la SF grand public, le héros qui pense mieux qu’il ne frappe reste visiblement une valeur très sûre, y compris au moment où Weir pourrait maintenant se tourner vers l’intelligence artificielle pour son prochain livre.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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