Pourquoi Obsession rejoint un club que Hollywood voit rarement

Avec 215 millions de dollars aux Etats-Unis, Obsession rejoint Sinners dans une catégorie rarissime. Un signal fort pour le cinéma original, surtout horrifique.

Obsession
Image d'illustration. Obsession — Universal Pictures / PR-ADN
  • Obsession dépasse 215 millions aux États-Unis
  • Seul Sinners avait fait pareil depuis 2020
  • Hollywood tient peut-être son nouveau filon

Faire 200 millions au box-office domestique avec un film original, aujourd’hui, c’est presque une bizarrerie statistique. Et Obsession vient justement d’entrer dans cette zone-là, celle que Hollywood fréquente de moins en moins.

Un seuil que presque plus personne ne franchit

Sur son sixième week-end, Obsession a encore ajouté environ 11 millions d’euros (13,3 M$) en Amérique du Nord, avec une baisse limitée à 30%. Son cumul grimpe ainsi à environ 185 millions d’euros (215 M$) sur ce seul marché, et à environ 286 millions d’euros (332,4 M$) dans le monde.

Ce cap lui permet de rejoindre Sinners comme seul autre film original hollywoodien, depuis 2020, à avoir atteint les 200 millions de dollars au box-office domestique. Vu le poids pris par les suites, les adaptations et les marques déjà installées, ce n’est pas un détail. C’est même le vrai sujet.

L’horreur confirme sa puissance commerciale

L’autre point frappant, c’est le genre. Sinners, signé Ryan Coogler, n’est pas un drame d’auteur ni un blockbuster familial, mais un film de vampires. Et Obsession joue lui aussi la carte de l’horreur.

Sinners avait terminé sa course à environ 241 millions d’euros (279,9 M$) en Amérique du Nord et environ 319 millions d’euros (370,2 M$) dans le monde. Quand il a franchi ce palier, il était devenu le premier film original depuis Coco, en 2017, à atteindre ce niveau domestique. Le signal est limpide, quand même. Non seulement les succès originaux sont rares, mais ce sont deux films d’horreur qui y sont parvenus sur deux années de suite.

Des coûts opposés, un même statut d’exception

Là où l’histoire devient franchement intéressante, c’est sur l’économie des deux films. Sinners a coûté environ 83 millions d’euros (90 M$), un pari solide pour Warner Bros.. Obsession, lui, a été tourné pour moins de 1 million d’euros, avant d’être acquis par Focus Features pour environ 14 millions d’euros (15 M$).

Bref, les deux films partagent le même exploit, mais pas du tout la même équation industrielle. Pour Obsession, on parle déjà d’un des films les plus rentables de l’histoire si la trajectoire se maintient. Et si vous cherchez un point de comparaison, il faut remonter loin. Avant cela, les originaux au-dessus de 200 millions domestiques étaient souvent animés, comme Zootopia à environ 293 millions d’euros (341,2 M$) ou Moana à environ 177 millions d’euros (206,4 M$). En prise de vues réelles, il fallait revenir à Gravity en 2013, avec environ 219 millions d’euros (254,8 M$).

Ce que ce succès change déjà pour Curry Barker

Dans Obsession, un jeune homme brise un mystérieux « One Wish Willow » pour conquérir la personne qu’il aime, avant de découvrir que son vœu a un prix sinistre. Michael Johnson et Inde Navarrette mènent le casting.

Et pour Curry Barker, premier long-métrage ou pas, la suite se dessine déjà. Il doit réaliser un nouveau Texas Chainsaw Massacre, et il a aussi vendu un autre projet à Blumhouse et Universal. Quant à une suite d’Obsession, elle paraît très probable. C’est souvent comme ça que marche la machine. Un succès original reste rarement seul très longtemps.

Obsession est actuellement en salles. Sinners, lui, est disponible sur HBO Max.