Sinners sur le point d’égaler un record d’horreur vieux de 34 ans — mais un obstacle subsiste

Image d'illustration. SinnersWarner Bros. / PR-ADN
Après 34 ans, Sinners est sur le point d’atteindre un record jamais vu depuis des décennies dans l’histoire de la franchise. Toutefois, un élément crucial pourrait encore leur barrer la route vers cet exploit attendu.
Tl;dr
- Une bataille après l’autre favori pour l’Oscar du meilleur film.
- Sinners bénéficie d’un soutien massif des acteurs.
- Le palmarès reste incertain jusqu’à la cérémonie.
L’héritage des films d’horreur aux Oscars
Depuis le triomphe historique du film Le Silence des agneaux lors de la 64ᵉ cérémonie des Oscars – un événement marquant puisqu’il s’agissait alors du premier long-métrage d’horreur à remporter la statuette suprême – rares sont les œuvres du genre à avoir accédé au sommet. Bien que quelques succès, tel que Get Out, aient été salués pour leur scénario, jamais depuis plus de trois décennies un film d’horreur n’a décroché le titre convoité de Meilleur film. Cette année, la donne pourrait enfin changer.
Sinners, outsider déterminé mais solide
Porté par Ryan Coogler, Sinners a raflé pas moins de seize nominations, un record absolu dans l’histoire des Oscars. Ce soutien transversal laisse espérer une belle performance grâce au système de vote préférentiel : les membres de l’Academy classent les films selon leurs préférences, ce qui avantage souvent les favoris universellement appréciés. De plus, la reconnaissance reçue aux Actor Awards (ex-SAG Awards) – Meilleure distribution et Meilleur acteur pour Michael B. Jordan – confère à Sinners une réelle crédibilité, en particulier auprès de la branche la plus nombreuse des votants.
À ce stade, il convient toutefois de rappeler quelques statistiques : si 15 ensembles sacrés meilleurs castings ont décroché ensuite l’Oscar principal ces trente dernières années, le lien n’est pas automatique. Voici pourquoi ce suspense reste entier :
- Sinners surfe sur une vague de soutien général.
- Ses concurrents ne manquent pas non plus d’atouts stratégiques.
- L’issue se jouera probablement sur les seconds choix des votants.
L’envolée fulgurante de One Battle After Another
Sorti à l’automne dernier sous la houlette de Paul Thomas Anderson, le drame historique Une bataille après l’autre semble aujourd’hui le grand favori. Après avoir triomphé aux prestigieux BAFTA, DGA et PGA Awards – des cérémonies traditionnellement révélatrices du vainqueur final –, Anderson apparaît porté par une impressionnante dynamique. Le détail n’échappe à personne : depuis plus de trente ans, le lauréat du PGA a remporté l’Oscar du meilleur film dans deux tiers des cas.
Ajoutons à cela un facteur sentimental : avec onze nominations passées et aucune victoire jusque-là, Anderson bénéficie clairement du récit « overdue ». Un tel contexte peut parfois faire pencher la balance en sa faveur, comme on l’a observé récemment avec Christopher Nolan et son sacre pour Oppenheimer.
L’inconnu avant le verdict final
La course reste ouverte. Si les votes suivent les tendances historiques, c’est bien vers Une bataille après l’autre que pourraient se tourner majoritairement les suffrages lors du dépouillement initial. Cependant, impossible d’écarter un retournement grâce au mode de scrutin complexe et à la popularité incontestable de Sinners. Reste à voir si cette édition des Oscars consacrera la continuité… ou offrira enfin au cinéma d’horreur une revanche attendue depuis longtemps.