Breaking Bad : pourquoi « Ozymandias » a tout fait basculer

Il y a 13 ans, « Ozymandias » changeait la fin de Breaking Bad. Un épisode charnière, dense, avec un sens caché et un clin d’œil très précis.

Breaking Bad
Image d'illustration. Breaking Bad — AMC / PR-ADN

En bref

  • Ozymandias a redéfini la fin de la série
  • Son titre annonce la chute de Heisenberg
  • Un easter egg renvoie directement au pilote

Il y a des séries qui gardent leur cartouche pour le dernier épisode. Breaking Bad, elle, a choisi autre chose. Avec « Ozymandias », diffusé il y a 13 ans, la série place son vrai point de non-retour deux chapitres avant la fin. Et c’est sans doute ce qui rend sa conclusion aussi forte.

Le moment où la série finit avant sa vraie fin

On peut empiler les preuves de la stature de Breaking Bad, des Emmy Awards aux Golden Globes en passant par deux Peabody Awards. Beaucoup la tiennent pour l’une des plus grandes séries télé, d’autant qu’elle a évité ce que d’autres mastodontes, comme Game of Thrones, n’ont pas su contourner, une dernière ligne droite décevante.

Mais le plus intéressant est ailleurs. Réalisé par Rian Johnson, « Ozymandias » concentre tout ce que la série préparait depuis des années. Hank Schrader est abattu de sang-froid par Jack sous les yeux de Walt. Puis tout s’effondre, sans pause, avec l’enlèvement de Holly, l’aveu cruel à Jesse sur la mort de Jane, et le départ de Walter White vers une nouvelle identité.

Résultat ? L’épisode a longtemps affiché un 9,9/10 sur IMDb, et ce score n’a rien d’un accident. Il ressemble à un finale avant l’heure. Les deux derniers épisodes, Granite State et Felina, ne racontent plus l’ascension du baron de la drogue. Ils montrent un homme brisé, après ellipse, qui cherche une forme de rédemption.

Un titre qui raconte la chute de Heisenberg

Le nom de l’épisode compte presque autant que ses événements. Ozymandias renvoie au poème de Percy Bysshe Shelley, publié en 1818, et Bryan Cranston l’avait d’ailleurs lu dans la bande-annonce de la seconde moitié de la saison 5.

Le texte parle d’un empire tombé et de l’arrogance de son dirigeant. Difficile de faire plus clair pour Heisenberg. Son empire existe, puis se désagrège, en grande partie parce que son ego le pousse toujours trop loin. Les derniers vers vont dans ce sens, en décrivant un roi qui croyait son œuvre éternelle avant de ne laisser derrière lui qu’une ruine perdue dans le sable. Quand on voit Walt seul, en train de pousser son baril dans le désert, l’image devient presque littérale.

Le détail absurde qui referme la boucle

Et au milieu de cette tragédie, il y a un détail franchement bien vu. Pendant la scène du baril, Walt passe devant un pantalon kaki abandonné au sol. Un simple accessoire, sauf si vous avez en tête le pilote.

Ce premier épisode s’ouvrait justement sur ce pantalon qui volait dans les airs, avant de révéler Walt en sous-vêtements, masque à gaz sur le visage, au volant du camping-car. Revoir ce vêtement dans le désert, ici, transforme la scène en boucle parfaite. Il revient là où tout avait commencé, mais en pire.

Bon, ce n’est pas juste un clin d’œil pour fans attentifs. C’est aussi une manière très précise de montrer ce qu’est devenu Walter White. Les cinq saisons de Breaking Bad sont disponibles sur Netflix, et ce genre d’épisode rappelle pourquoi certaines séries dépassent le simple statut de succès pour devenir des repères durables.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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