James Gunn pose Darkseid autrement que Marvel n’a lancé Thanos

Darkseid Mister Miracle DCDC / PR-ADN
Le DCU introduit Darkseid par Mister Miracle, en animation et sans précipitation. Une stratégie à contre-courant du MCU, et du vieux pari de Snyder.
En bref
- Darkseid arrive d’abord dans Mister Miracle
- Animation et live action restent liés
- James Gunn évite le grand méchant trop vite
Faire entrer Darkseid par Mister Miracle, c’est tout sauf anodin. Là où beaucoup attendaient un énorme teasing en live action, James Gunn choisit une porte latérale, l’animation, mais dans son DCU cette porte mène au même couloir que le cinéma et les séries.
Une entrée par la petite porte, mais pas un petit rôle
Chez Marvel, Thanos surgissait dès The Avengers comme la menace derrière Loki et les Chitauri. Du coup, le message était immédiat, voilà le futur boss final. Zack Snyder, lui, avait tenté d’accélérer Darkseid dans Justice League, avant même que l’équipe ait vraiment eu le temps d’exister à l’écran.
James Gunn prend le contrepied. Darkseid débute dans la série animée Mister Miracle, sans être propulsé d’emblée comme le tout premier grand méchant du nouvel univers. C’est plus lent, plus construit, et franchement plus cohérent si l’idée est de laisser les héros et les règles du monde se poser avant d’envoyer le maître d’Apokolips au front.
Cette stratégie compte aussi pour une raison très concrète. Dans ce DCU, animation et live action sont interconnectés, avec les mêmes interprètes d’un format à l’autre. On l’a déjà vu avec Frank Grillo, voix de Rick Flag Sr. dans Creature Commandos, puis de retour en prises de vues réelles dans Superman et la saison 2 de Peacemaker sur HBO Max. L’acteur choisi pour Darkseid dans Mister Miracle devrait donc le garder ensuite en live action.
Mister Miracle, le bon terrain pour faire exister Darkseid
Le choix de Mister Miracle n’a rien d’un détour. L’histoire suit Scott Free, alias Mister Miracle, et Big Barda, dont il tombe amoureux avant leur fuite vers la Terre, où ils se marient. Au départ, Scott Free a été échangé contre le fils de Darkseid pour mettre fin à la guerre entre les Nouveaux Dieux de New Genesis et d’Apokolips.
Ensuite, tout se referme sur lui. Placé sous l’autorité de Granny Goodness, il subit torture et violences. Il rencontre Big Barda, l’une des guerrières de Granny Goodness au sein des Female Furies, et les deux s’échappent ensemble.
Dans cette mini-série, Darkseid n’est pas juste un méchant en attente de bagarre finale. Il plane sur tout, comme une force de la nature, le mal absolu qui a façonné la douleur de Mister Miracle et de Big Barda. Pour une première apparition, c’est bien vu.
Le contre-modèle du MCU, et du pari raté de Snyder
La différence avec le MCU saute aux yeux. Thanos a été développé ensuite dans Guardians of the Galaxy, jusqu’à devenir le premier grand antagoniste majeur du studio, avec l’aboutissement qu’on connaît dans Avengers: Endgame, après le claquement de doigts qui effaçait la moitié de la vie de l’univers.
Ici, pas de sprint. James Gunn semble vouloir construire d’abord son monde, puis seulement laisser Darkseid prendre toute la place. Après l’échec du raccourci tenté dans le DCEU, c’est sans doute la meilleure nouvelle pour le DCU, parce qu’un grand méchant n’existe vraiment que si l’univers autour de lui tient debout.
Tom King au contrôle, et un signal clair pour la suite
Il y a un autre détail qui dit beaucoup. Tom King pilote la série comme showrunner, et ce n’est pas un nom plaqué pour rassurer les fans. C’est lui qui a écrit la mini-série Mister Miracle publiée entre 2017 et 2019, avec Mitch Gerads au dessin.
Bon, ça confirme surtout une méthode. James Gunn préfère visiblement faire travailler des gens du comics sur ses films et séries, plutôt que de lisser le matériau pour le rendre plus « mainstream ». Si cette logique tient, le DCU pourrait enfin éviter son vieux problème, vouloir arriver au sommet avant d’avoir construit les marches.