En bref
- Trois films ont bâti des univers solides hors géants
- Dredd, Hellboy et Mutant Mayhem voyaient large
- Leur avenir a pourtant vite calé
Le plus frappant, avec les univers partagés au cinéma, c’est peut-être ça: on les associe presque automatiquement à Marvel et à DC, alors que certains des mondes les plus prometteurs sont nés ailleurs. Avec moins de bruit, moins de films, parfois moins de succès aussi. Mais une vraie vision.
Pendant vingt ans, le modèle a été clair. Assembler des héros, préparer des suites, étirer la franchise. Sauf que le comics ne se résume pas à Batman ou à Spider-Man. Et quelques adaptations l’ont rappelé avec une idée simple, presque évidente: un univers cohérent vaut mieux qu’une usine à teasers.
Dredd, un monde immense raconté à hauteur de rue
Le cas Dredd reste un petit crève-cœur. Le film de 2012 récupérait un personnage cassé par la version ratée des années 1990, et il le faisait avec une fidélité plutôt rare, à commencer par ce détail que les fans attendaient: Karl Urban ne retire jamais son casque.
Dès sa première minute, le film pose pourtant beaucoup plus qu’une simple intrigue. L’Amérique irradiée, Mega City One qui s’étire de Boston à Washington, la mécanique des Juges, tout est là. En gros, on comprend la taille du terrain de jeu sans que le film passe son temps à vendre la suite.
C’est même ce qui le rend malin. Dredd raconte une histoire fermée, à échelle humaine, tout en laissant sentir un monde beaucoup plus vaste derrière les murs. Résultat? Un univers crédible, mais pas de lendemain: le box-office a coupé court.
Mutant Mayhem élargit enfin le terrain des Tortues Ninja
Les précédentes versions live des Tortues Ninja regardaient surtout les quatre héros et leurs bastons. Teenage Mutant Ninja Turtles: Mutant Mayhem, sorti en 2023, garde ce cœur-là, mais il change quelque chose d’important: il densifie enfin le décor.
Avec Bebop, Rocksteady, Baxter Stockman, mais aussi Leatherhead, Wingnut, Mondo Gecko ou Genghis Frog, le film sort la franchise de son face-à-face habituel entre tortues et ninjas. Et ça compte, parce qu’un univers TMNT vit aussi par ses seconds rôles.
Le film prépare en plus l’arrivée de Shredder et installe clairement la piste des Utrom. Il a même lancé deux saisons d’une série télé et un court métrage animé avant la vraie suite. Sauf que Paramount a déjà confirmé un reboot hybride prise de vues réelles et animation pour 2028. Clairement, cette branche-là risque de se refermer plus tôt que prévu.
Avec Hellboy, Guillermo del Toro ouvrait une vraie boîte à histoires
Quand Guillermo del Toro adapte le comics de Mike Mignola, il ne fabrique pas seulement un film sur un héros cornu de plus. Il ouvre une porte. Et pas une petite.
Oui, le film passe par un personnage-proxy un peu lourd pour guider le spectateur. Mais autour, tout suggère autre chose: les origines d’Abe Sapien racontées par le professeur Broom, le secret assez mal tenu autour d’Hellboy, puis surtout le Bureau for Paranormal Research and Defense, avec son histoire, ses archives, ses artefacts.
On sent un monde qui a vécu avant le film et qui pourrait continuer après. Dans les comics, c’est exactement ce qui fait la force de l’ensemble. Et au fond, c’est peut-être ça la leçon: le cinéma de franchise ne manque pas de licences, il manque souvent de mondes pensés au-delà du premier film. À moyen terme, c’est cette différence qui sépare une marque d’un vrai univers.