En bref
- Jurassic Park III fête ses 25 ans
- Le rêve du raptor a choqué les fans
- La suite de la saga a relativisé ce moment
Ce qui passait pour un sacrilège en 2001 ressemble aujourd’hui à une faute presque mineure. Jurassic Park III, sorti le 18 juillet 2001, reste le volet que beaucoup de fans ont longtemps rangé tout en bas. Mais avec ce que la franchise a fait ensuite, son fameux gag du raptor parlant a pris une autre couleur.
Le gag qui a cristallisé le rejet
Dans l’avion, Alan Grant s’assoupit. Il se réveille, croit l’appareil vide, voit un vélociraptor à côté de lui, puis entend l’animal prononcer son prénom. La scène est rapidement révélée comme un rêve, mais le mal était fait.
Pour une partie du public, c’est là que la saga a commencé à dérailler. Deux films seulement après le long-métrage de Steven Spielberg, la série donnait l’impression d’abandonner la tension pure pour un gag un peu lourd. Le problème n’était pas seulement le rire recherché. C’était l’idée de retirer une part de menace à sa créature la plus inquiétante.
Un retour attendu, dans un film déjà bancal
Le plus ironique, c’est que le film n’avait pas que de mauvaises cartes. Il ramenait enfin Sam Neill dans le rôle du docteur Grant, absent du deuxième épisode, et son personnage sonne juste. On le retrouve obsédé par son travail, marqué par les événements du premier film, désormais concentré sur l’étude des raptors.
Mais autour de lui, le film vacille. L’action revient sur le Site B, l’île du deuxième volet, pas sur celle de 1993. L’intrigue force un peu la main, et l’apparition de nouveaux dinosaures sur une île abandonnée par InGen depuis des années n’est alors pas vraiment expliquée. Même le retour de Grant repose sur une promesse très prosaïque, le financement de ses recherches par les Kirby. Pas absurde, même, mais pas mal de choses paraissent bricolées.
Pourquoi ce scandale paraît bien plus petit aujourd’hui
À l’époque, il n’y avait pas que ce rêve. Le Tyrannosaurus n’a qu’une vraie scène avant d’être tué par le Spinosaurus, nouveau prédateur vedette. Et la conclusion fait intervenir les Marines et la Navy américaines pour sauver tout le monde au bon moment. Résultat ? Un sentiment de fin de parcours.
Pourtant, le film a marché. Un quatrième épisode a bien été envisagé, puis la série s’est endormie pendant plus de dix ans avant Jurassic World en 2015, relance géante devenue franchise à milliards capable de rivaliser avec les films Marvel au box-office.
Et c’est là que le regard change. Entre les trous de scénario de Jurassic World, le partenaire secret de John Hammond dans Jurassic World: Fallen Kingdom, l’intrigue des criquets dans Jurassic World Dominion, ou encore les nouveaux retcons sur les labos d’InGen et ce moment où un emballage de bonbon provoque une destruction massive dans Jurassic World: Rebirth, le « moment Alan » paraît presque sage. Clairement, la franchise a fait bien pire depuis. Et ça dit quelque chose d’assez simple sur les grandes sagas, on croit voir la cassure sur l’instant, alors qu’elle n’arrive parfois qu’après, morceau par morceau.