En bref
- La franchise marche mieux avec peu de personnages
- House of the Dragon saison 3 resserre enfin son récit
- Knight of the Seven Kingdoms confirme la méthode
Le vrai paradoxe de Game of Thrones, c’est que cet univers immense semble fonctionner au mieux quand il devient plus petit. Pas plus simple, non. Plus resserré. C’est ce que montrent à la fois le retour en forme de House of the Dragon en saison 3 et l’accueil très solide de A Knight of the Seven Kingdoms plus tôt cette année.
Quand la saga se disperse, elle se perd
Au départ, Game of Thrones tenait parce que la carte était large mais lisible. Vous suiviez surtout des blocs, les Stark, les Lannister, avec quelques figures fortes au centre. Puis la série a éclaté ses familles en trajectoires individuelles, tout en ajoutant un cercle de plus en plus vaste de seconds rôles et de sous-intrigues.
Résultat, dès la fin de la saison 2, le récit commençait à se diluer. La saison 3 a remis de l’ordre avec le fameux « Red Wedding », qui a brutalement réduit le nombre de pions sur l’échiquier. Et ce n’est pas un détail. Les saisons 4 et 6, plus focalisées, restent associées à des périodes plus solides, là où les saisons 5 et 7 donnaient souvent l’impression d’être trop chargées. Quant à la fin, elle a laissé l’image d’une série incapable de vraiment offrir l’atterrissage attendu à ses personnages les plus aimés.
Le piège Targaryen, puis le recentrage
Avec House of the Dragon, le problème était presque pire. La série repose sur les Targaryen, avec des noms très proches, parfois répétés d’une génération à l’autre, et même plusieurs Aegon. Les deux premières saisons demandaient presque de garder un arbre généalogique à portée de main pour savoir qui compterait, et pourquoi.
La saison 2 a encore épaissi ce brouillard avec l’arrivée d’une nouvelle génération. Pour le public occasionnel, c’était devenu franchement peu accessible. Mais la saison 3 a corrigé ça en revenant à un centre clair, Rhaenyra, jouée par Emma D’Arcy, et sa relation avec Alicent. Ce choix change tout. On sait enfin où regarder, et les autres personnages retrouvent une fonction plus nette autour de ce noyau.
Knight of the Seven Kingdoms confirme la règle
L’autre démonstration, elle vient de A Knight of the Seven Kingdoms. Là, pas de dispersion. La série s’appuie d’abord sur deux personnages, Sir Duncan, incarné par Peter Claffey, et Egg, joué par Dexter Sol Ansell.
Le lien entre les deux porte l’ensemble. Le tournoi, les maisons, la politique autour des Targaryen, tout ça existe, mais ne prend pas le dessus. Et c’est précisément pour ça que la série touche plus juste. Elle utilise Westeros comme un décor vivant, pas comme une encyclopédie à avaler.
La leçon pour la suite est assez nette
George R.R. Martin a imaginé un monde immense, dense, passionnant. Mais semaine après semaine, une idée s’impose, ce monde se savoure mieux à travers de petites études de personnages qu’à travers une fresque qui veut tout couvrir d’un coup.
Si la franchise veut éviter les vieux pièges, elle a intérêt à garder une discipline simple, choisir qui tient vraiment la lumière, et pour quelle raison. Tout le catalogue Game of Thrones reste disponible sur HBO Max. La suite, elle, dépendra surtout de cette capacité à ne pas confondre ampleur et confusion.