En bref
- La série invente un faux Daeron
- Les romans avaient déjà deux précédents majeurs
- Game of Thrones les avait écartés
Ce n’est pas juste un twist de plus. Avec le faux Daeron Targaryen, House of the Dragon pioche dans une mécanique que Game of Thrones avait largement laissée sur le bord de la route, celle des identités fabriquées. Et pour une saga obsédée par le sang, le nom et l’héritage, ce n’est pas un détail.
Un faux Daeron pour déplacer la guerre
Dans l’épisode 3 de la saison 3, Rhaenyra Triumphant, l’attention semble d’abord tourner autour de Rhaenyra. Mais le vrai choc concerne Daeron, le plus jeune fils de Viserys Targaryen et d’Alicent Hightower, envoyé depuis longtemps à Oldtown. Après la reddition forcée d’Ormund Hightower face à Daemon Targaryen, un garçon est remis au camp noir comme s’il s’agissait de lui.
Sauf que non. Le garçon a les cheveux teints et a été menacé pour jouer ce rôle. C’est quand Alicent vient le voir que l’imposture tombe, et Rhaenyra comprend, dans une scène apparemment assez comique, qu’elle s’est fait avoir. Ce passage n’existe pas dans Fire et Blood. La série l’invente, puis s’en sert pour bifurquer, avec la prise de Tumbleton par Ormund.
Le faux visage d’Arya, remplacé par Sansa à l’écran
Les livres avaient déjà joué cette carte, et pas à petite échelle. Dans A Storm of Swords, les Bolton prétendent avoir retrouvé Arya Stark pour la marier à Ramsay et verrouiller le Nord après la chute de Ned et Robb, ainsi que la disparition supposée de Bran et Rickon. Jaime Lannister doute vite de son identité.
La vérité arrive plus tard, via les chapitres de Theon Greyjoy dans A Dance with Dragons. Cette fausse Arya est en réalité Jeyne Poole, amie d’enfance de Sansa et fille de l’ancien intendant de Winterfell. Mariée à Ramsay, enfermée dans ses appartements, elle subit de terribles violences avant que Theon ne l’aide à fuir.
À l’écran, Game of Thrones a simplifié, clairement. Pas de fausse Arya, mais la vraie Sansa Stark, envoyée à Winterfell dans un plan de Petyr Baelish. L’intrigue parallèle autour de Mance Rayder saute aussi. Plus compact, oui. Mais le choix a provoqué un retour de bâton, surtout avec la nuit de noces et le fait de cadrer la scène à travers la réaction de Theon.
Le grand doute autour d’Aegon, coupé net par Game of Thrones
L’autre gros fantôme, c’est Aegon Targaryen. Dans A Dance with Dragons, Tyrion Lannister voyage avec Griff et Young Griff vers Volantis. Puis tombe la révélation : le jeune homme serait Aegon, fils aîné de Rhaegar Targaryen et d’Elia Martell, supposé mort bébé pendant la rébellion de Robert.
Bon, tout le problème est là. Beaucoup de lecteurs y voient un faux, le fameux « dragon du bateleur », voire le « dragon de toile » aperçu dans les visions de Daenerys. L’idée serait qu’Illyrio Mopatis et Varys poussent un imposteur vers le Trône de Fer. Le stratagème paraît fragile, quand même, mais dans Winds of Winter, Aegon a déjà atteint Westeros. Et ce qui compte, en politique, c’est souvent moins le vrai que le crédible.
Si Game of Thrones l’a retiré, c’était aussi pour resserrer autour de Jon Snow et Daenerys, sans ajouter un autre fils secret de Rhaegar. Du coup, le faux Daeron ressemble à plus qu’un clin d’œil. Il montre que House of the Dragon a plus de place pour les zones grises des romans, et ça peut changer la manière dont l’univers Targaryen sera raconté à l’écran.