En bref
- Le DCU démarre loin du modèle Marvel
- James Gunn pousse des personnages moins connus
- DC investit fort dans les séries
Le plus frappant, avec le DCU de James Gunn, c’est peut-être ça : DC choisit aujourd’hui la route dont Marvel essaie justement de sortir. Plus de personnages secondaires, plus de télévision, plus de dispersion apparente aussi. Sur le papier, c’est audacieux. Dans le contexte actuel, c’est quand même un vrai test.
DC mise là où Marvel freine
On compare toujours les univers partagés au MCU, parce que c’est lui qui a imposé la grammaire du genre avec 23 films reliés entre eux dans les années 2010. Mais Gunn, pourtant passé par la trilogie Guardians of the Galaxy, ne cherche pas à recopier la méthode. Avec Peter Safran, il construit autre chose, et presque l’inverse de la stratégie actuelle de Marvel.
D’un côté, le studio met très tôt en avant des figures que le grand public connaît mal. De l’autre, il pousse fort sur les séries. Bref, là où Marvel resserre, DC Studios élargit.
Des héros secondaires au premier rang
Oui, Superman relance bien la machine, et des films Batman et Wonder Woman sont en développement. Mais autour de ces têtes d’affiche, le menu est nettement plus curieux. Le prochain film prévu, c’est Clayface, un body horror classé R centré sur un vilain de second rang de l’univers Batman.
À côté, il y a aussi Swamp Thing, toujours en chantier avec James Mangold, The Authority, désormais mis en retrait, un spin-off sur Mister Terrific, sans oublier la série true crime autour de Jimmy Olsen et Gorilla Grodd. Ce goût des personnages moins bankables n’est pas nouveau chez Gunn, qui a déjà fait exister Rocket Raccoon ou Polka-Dot Man auprès du grand public. Son pari est simple : après tant d’itérations de Superman et Batman, le neuf peut venir des marges.
Un pari plus risqué qu’au temps du boom super-héroïque
Le problème, c’est le timing. Le MCU a certes démarré sans Spider-Man ni les X-Men, mais il avait quand même Hulk, Captain America et les Avengers. Et surtout, Guardians of the Galaxy ou Ant-Man sont arrivés après le carton du premier Avengers, pas avant.
Aujourd’hui, le marché n’a plus le même appétit. Il y a dix ans, Aquaman pouvait valoir un milliard au box-office et Ant-Man dépasser les 500 millions presque sans forcer. En face, les gros noms tiennent encore, comme Spider-Man: No Way Home, The Batman ou Deadpool et Wolverine. Mais les échecs récents de The Marvels, Ant-Man and the Wasp: Quantumania, Thunderbolts* et le crash de Supergirl rappellent une chose : les héros de second ou troisième cercle ne se vendent plus tout seuls. DC Studios va devoir vendre une vision, pas juste un logo.
La télé, nouveau terrain d’expansion du DCU
Et puis il y a la télévision. Après l’emballement Disney+, Marvel réduit la cadence. Les phases 4 et 5 ont aligné 16 projets TV, en comptant les nouvelles saisons. La phase 6 doit en compter six, et l’après semble encore plus léger, avec seulement une série live-action en développement, Wonder Man saison 2, tandis que Your Friendly Neighborhood Spider-Man et Marvel Zombies restent des projets animés assez autonomes.
Pendant ce temps, DC empile Lanterns, Booster Gold, Paradise Lost, Creature Commandos saison 2, Mister Miracle, plus les séries déjà évoquées. C’est beaucoup. Surtout au moment où Tony Gilroy racontait que Disney lui avait dit « le streaming est mort ». Pas au sens littéral, évidemment, mais comme modèle d’expansion illimitée, oui. Si le DCU veut faire de cette abondance une force, ses séries devront paraître indispensables, pas interchangeables. Et c’est là que se jouera la suite, bien plus que sur un simple calendrier.