En bref
- Quatre films laminés puis sacrés au box-office
- Les années 90 ont ignoré les critiques
- Le public visé a fait la différence
Quatre week-ends de suite en tête, environ 507 millions d’euros (550 millions de dollars) au total mondial pour Armageddon, et des critiques pourtant féroces. Les années 1990 ont laissé plusieurs cas de ce genre, où le verdict de la presse n’a pas freiné le public, parfois pas du tout.
Ce n’est pas juste une histoire de films populaires. Là, on parle de réceptions vraiment mauvaises, de celles qui condamnent souvent un titre dès sa sortie. Néanmoins, certains projets avaient autre chose, une star, une promesse très claire, un public déjà acquis, ou simplement une expérience de salle que les critiques ont mal lue.
Quand l’absurde d’Adam Sandler devient une machine à tickets
En 1998, Adam Sandler n’était pas encore l’institution industrielle qu’il deviendra, mais The Waterboy montrait déjà la force de sa base de fans. Il y joue Bobby Boucher, porteur d’eau d’une équipe universitaire de football américain, qui révèle un talent inattendu pour plaquer.
Le film empile les sketches slapstick et les excentricités du Sud autour d’une trame d’outsider assez simple. Les critiques l’ont jugé paresseux, bruyant, franchement idiot. Le public, lui, y a vu une comédie sportive absurde à citer entre potes. Résultat : numéro un au box-office nord-américain pendant plusieurs semaines, avec environ 149 millions d’euros (161 millions de dollars) en Amérique du Nord et 172 millions d’euros (186 millions de dollars) dans le monde.
Mortal Kombat, le cas d’école du film fidèle au mauvais goût du jeu
Avec Mortal Kombat, sorti en 1995, Paul W.S. Anderson ne cherchait pas le raffinement. Trois combattants sont envoyés sur une île mystérieuse pour défendre l’Earthrealm face au sorcier Shang Tsung. Le scénario sert surtout de prétexte aux combats et aux répliques qui claquent.
Les critiques ont rejeté l’intrigue mince et les dialogues kitsch. Mais les spectateurs ont suivi, assez fort pour envoyer le film directement en tête du box-office et faire tomber Die Hard with a Vengeance dès son premier week-end. Avec environ 112 millions d’euros (122 millions de dollars) de recettes pour un budget d’à peine 18 millions d’euros (20 millions de dollars), le calcul est vite fait. Et la franchise a tenu, jusqu’à un reboot bien plus tard.
The Bodyguard, un rejet critique balayé par la pop culture
Sur le papier, The Bodyguard cochait beaucoup de cases, Kevin Costner, Whitney Houston, un thriller romantique, une bande originale taillée pour marquer. La presse n’a pas suivi et a décrit le film comme un mélodrame raté, incapable d’exploiter son duo central.
Le public a fait l’inverse. Trois semaines à la première place fin 1992, environ 111 millions d’euros (121 millions de dollars) en Amérique du Nord et plus de 369 millions d’euros (400 millions de dollars) dans le monde. Et puis il y a la BO, portée par la reprise de Whitney Houston de « Je t’aimerai toujours », devenue la bande originale la plus vendue de tous les temps.
Armageddon, le blockbuster vraiment à l’épreuve des critiques
Puis Michael Bay a poussé la logique jusqu’au bout avec Armageddon. Une équipe de foreurs menée par Bruce Willis part dans l’espace pour détruire un astéroïde gros comme le Texas lancé vers la Terre. Tout est énorme, le montage, l’émotion, le mépris des lois de la physique aussi.
Les critiques ont pilonné ce spectacle jugé boursouflé. Le public a transformé le film en phénomène mondial. Quatre semaines de suite en tête, environ 507 millions d’euros (550 millions de dollars) de recettes mondiales, et le plus gros succès international de 1998. Ce qui ressort de ces quatre cas, c’est simple, le box-office ne récompense pas seulement la qualité perçue. Il récompense aussi une promesse tenue, même quand elle énerve tout le monde autour.