En bref
- 2026 relance les salles, pas tous les films
- Desert Warrior signe le plus gros crash
- Amazon MGM cumule hit et flops
Le cinéma en salles repart, oui. Mais 2026 raconte aussi l’autre versant du décor, celui où un marché plus vivant ne suffit pas à sauver des films mal positionnés, trop chers ou simplement ignorés.
La reprise des salles ne protège pas les mauvais paris
Cette année, les signaux sont plutôt bons. La fréquentation remonte, Project Hail Mary chez Amazon MGM Studios a tellement bien tenu qu’il a repoussé sa sortie en streaming, et l’indé horrifique Obsession vise un exploit rare avec plus de 264 millions d’euros (287 M$) pour un budget d’environ 690 000 euros (750 000$). Autrement dit, le public répond présent.
Et c’est justement pour ça que certains accidents industriels frappent davantage. Même un échec déjà net comme Good Luck, Have Fun, Don’t Die, avec environ 9 millions d’euros (9,3 M$) de recettes pour un budget de 18 millions d’euros (20 M$), paraît presque modeste à côté des vrais gouffres de l’année.
Des films auteurs ou atypiques qui n’ont jamais trouvé leur public
Le cas de Animal Farm sentait le chantier compliqué de loin. Cette adaptation animée du roman de George Orwell, mise en scène par Andy Serkis, avait été révélée dès 2012. Quatorze ans plus tard, après plusieurs distributeurs, dont Netflix à un moment, elle arrive enfin au cinéma avec de mauvaises critiques. Budget estimé, 32 millions d’euros (35 M$). Recettes mondiales, 5 millions d’euros (5,5 M$). Perte potentielle, au moins 27 millions d’euros (29 M$), sans compter marketing et acquisition pour Angel Studios.
Même logique pour The Bride!, le deuxième film de Maggie Gyllenhaal après The Lost Daughter. Projet d’abord lancé chez Netflix, puis abandonné pour raisons budgétaires avant d’être repris par Warner Bros.. Son mélange punk autour de Frankenstein, sur fond de Chicago, a laissé le public à distance. Avec un budget d’environ 83 millions d’euros (90 M$), le film n’a généré que 22 millions d’euros (24 M$), soit une perte potentielle d’au moins 61 millions d’euros (66 M$). Le genre d’objet qui pourra devenir culte, mais trop tard pour les comptes.
Même les noms connus et les gros acheteurs peuvent se tromper
Les documentaires font rarement partie de ce classement, justement parce qu’ils coûtent peu. Melania fait exception. Ce film consacré à Melania Trump, réalisé par Brett Ratner, son premier long métrage depuis que des accusations d’agressions sexuelles ont brisé sa carrière à Hollywood, a été acheté par Amazon pour 37 millions d’euros (40 M$), sans que ce montant inclue forcément toute la production.
Résultat, à peine 15 millions d’euros (16,7 M$) au box-office mondial. Soit au minimum 21 millions d’euros (23,3 M$) envolés.
Quand le blockbuster rate sa cible, la note explose
Le plus parlant, quand même, reste le duo des très gros budgets. Masters of the Universe, relance d’une marque absente des salles depuis près de quarante ans, n’a visiblement plus le poids populaire qu’on lui prêtait. Le film a coûté environ 184 millions d’euros (200 M$) et n’a rapporté qu’un peu plus de 79 millions d’euros (86 M$). La perte potentielle dépasse donc 105 millions d’euros (114 M$), hors promotion.
Puis il y a Desert Warrior. Tourné dès 2022, bloqué longtemps en post-production, porté par Anthony Mackie, Sharlto Copley et réalisé par Rupert Wyatt, le film d’aventure détenait le record du long métrage le plus cher jamais produit en Arabie saoudite. Budget, 138 millions d’euros (150 M$). Recettes mondiales, un peu plus de 674 000 euros (733 000$). Deux semaines seulement dans les salles américaines, 26% sur Rotten Tomatoes, et une perte potentielle d’au moins 137 millions d’euros (149 M$). Là, on ne parle plus d’un flop ordinaire. On parle d’un rappel brutal, le genre qui pèsera encore sur la façon dont les studios financeront leurs paris de milieu de gamme et leurs franchises fatiguées.