Among Us sur Paramount+ : la série discrète qui mérite mieux

Among UsInnersloth / PR-ADN
Lancée presque sans bruit le 5 juin 2026, l’adaptation animée de Among Us sur Paramount+ transforme le jeu en polar spatial gore et étonnamment fidèle.
En bref
- Sortie discrète sur Paramount+ le 5 juin 2026
- Adaptation fidèle, drôle et étonnamment gore
- Un vrai polar spatial, pas juste un clin d’œil
Le plus frappant, avec Among Us, ce n’est pas son concept. C’est sa disparition quasi immédiate dans le bruit du streaming. Mise en ligne le 5 juin 2026 sur Paramount+, la série animée est arrivée presque sans campagne visible, alors qu’elle adapte quand même un jeu qui a marqué Internet.
Une sortie fantôme pour une licence pourtant énorme
À la base, Among Us, sorti en 2018 chez Innersloth, reprend une mécanique ultra simple. Un équipage entretient un vaisseau minier pendant qu’un ou deux imposteurs, aliens capables de changer d’apparence, sabotent tout et éliminent le reste. Puis viennent les réunions d’urgence, les accusations, les expulsions dans l’espace, souvent contre les mauvaises personnes. C’est aussi de là qu’a explosé le mot sus.
L’adaptation avait été annoncée en 2023, avec Owen Dennis à la manœuvre. Entre l’annonce et la diffusion, pas mal de temps a passé. Résultat, le lancement a presque eu l’air accidentel. Et c’est dommage, parce que la série ne se contente pas d’exister pour profiter d’une marque connue.
Le jeu est là, mais transformé en vrai monde de série
Le bon choix, ici, c’est la fidélité visuelle. Les personnages gardent leur allure de petites combinaisons vivantes, sans bras la plupart du temps, avec des mains qui flottent quand il faut agir. Même le gag macabre du squelette réduit à un seul gros os est conservé quand l’imposteur déchire une victime en deux.
Tout le monde porte le nom de sa couleur et reste sans genre défini. À bord de l’USS Skeld, chaque membre bosse pour la très louche Mira Corporation. Randall Park joue Red, le capitaine, Yvette Nicole Brown incarne Orange, Liv Hewson, Kimiko Glenn et Kate Micucci se partagent les rôles de Black et Cyan, tandis que Wayne Knight, Debra Wilson, Phil LaMarr, Ashley Johnson, Elijah Wood, Dan Stevens et Patton Oswalt complètent l’équipage. Le casting est franchement malin.
Entre gore, satire et enquête bien menée
Ce qui surprend, c’est le ton. La série est une comédie, avec des archétypes très larges et un vrai goût pour le slapstick, mais elle ne gomme pas le sang. Au contraire. Certaines morts sont vraiment gore, avec une violence presque absurde, et ça lui donne une accroche plus nette qu’une simple adaptation familiale.
On sent passer l’ombre de The Thing, celle d’Alien aussi, avec ce décor de science-fiction sale, usé, bureaucratique. Mira se soucie davantage des cargaisons de minerai que des gens à bord, et cette négligence nourrit une petite dystopie assez acide.
Mais le vrai nerf de la série, c’est son mystère. L’identité du ou des imposteurs tient, les indices sont là, et la révélation joue franc jeu. Même le générique évolue à mesure que les personnages tombent, jusqu’à devenir presque vide à la fin. Pour une adaptation de jeu vidéo, c’est loin d’être anecdotique. Ça dit surtout une chose sur le streaming actuel, une série peut être réussie et quand même passer sous votre radar.