En bref
- La formule « Phase Zero » agace les fans
- Les retours de stars brouillent le message
- La sortie reste fixée au 18 décembre
Le vrai sujet, ce n’est même plus l’attente de la bande-annonce de Avengers: Doomsday. C’est cette phrase de Joe Russo, revenue en boucle sur les réseaux, qui décrit le film comme une « Phase Zero » du MCU, autrement dit un redémarrage pensé pour ne pas dépendre du passé.
Une petite phrase qui tombe mal
Au départ, la formule avait été lâchée en juin, pendant un panel de Anthony Russo et Joe Russo à SXSW London. Le contexte comptait pas mal. Les fans de Marvel, déjà tendus par l’absence de bande-annonce pour le prochain gros film chorale de Marvel Studios, attendaient une annonce musclée. À la place, la surprise promise a surtout pris la forme d’une prise de contrôle d’un café local aux couleurs de Doctor Doom.
Les deux réalisateurs avaient quand même donné quelques indices sur le film, attendu en salles en décembre. Et c’est là que Joe Russo avait parlé de nouveau départ, en expliquant en substance que Avengers: Doomsday repartait de zéro pour que chacun ait le sentiment que le film ne s’appuie pas sur ce qui a précédé.
Pourquoi les fans parlent d’hypocrisie
Un mois plus tard, la citation circule de nouveau. Et cette fois, elle passe beaucoup moins bien.
La raison est assez simple. Cette réponse arrivait alors qu’on l’interrogeait encore sur le lien possible entre le Doctor Doom joué par Robert Downey Jr. et son ancien personnage, Iron Man. Les frères Russo n’ont rien voulu révéler sur la manière dont le film traitera ce point, renvoyant les fans au long métrage lui-même. Sauf que dire que le film ne repose pas sur le passé, tout en confiant le grand méchant à Robert Downey Jr., ça coince.
Et les critiques ne manquent pas de matière. Chris Evans revient aussi, associé à Captain America. À cela s’ajoute le retour de l’univers FOX X-Men, avec plusieurs acteurs appelés à reprendre des rôles qu’ils n’avaient plus joués depuis plus de dix ans. Bref, difficile de faire plus nostalgique en apparence.
Ce que les Russo essaient visiblement de dire
Pour autant, leur idée n’est pas absurde. C’est même là que le dossier devient plus intéressant.
Oui, Avengers: Doomsday recycle des visages familiers. Mais le film semble aussi vouloir raconter quelque chose que le MCU n’a jamais vraiment tenté à cette échelle, avec des univers qui entrent en collision lors d’incursions et des héros forcés de faire équipe autrement. Le matériau de base vient aussi des comics, un terrain qui vit justement de remix, de réécriture et de bifurcations.
Autrement dit, Robert Downey Jr. ne peut pas simplement rejouer son ancienne partition. Pour lui comme pour les frères Russo, il s’agit d’un terrain neuf, même si la façade, elle, rappelle fortement le passé.
Le vrai test arrive maintenant
Ce décalage entre discours et casting résume assez bien le malaise actuel autour de Marvel. Le studio veut vendre un renouveau, mais il le fait avec ses figures les plus connues.
Reste une chose. Si Avengers: Doomsday veut dépasser le simple effet réunion après Avengers: Infinity War et Endgame, il faudra que le film prouve que ce retour des icônes sert plus qu’un souvenir. Réponse le 18 décembre.