- La tech ne remplace pas les jouets
- Bonnie trouve enfin un vrai lien
- Lilypad n’est pas le méchant attendu
On pouvait craindre une fin très simple, les vieux jouets d’un côté, les écrans de l’autre. Toy Story 5 fait l’inverse. Son final explique que la tech et les jouets peuvent aider Bonnie, à condition de ne pas la laisser seule face à la cruauté sociale qui va avec.
La suite refuse le match jouets contre écrans
Le cœur de la fin est là. Bonnie, enfin moins paralysée par sa timidité, noue un lien sincère avec Blaze, une autre petite fille avec qui elle partage le goût du jeu, ancien comme récent. Le film aurait pu faire gagner la nostalgie, façon grand plaidoyer pour les jouets d’hier. Ce n’est pas ce qu’il fait, et c’est clairement plus intéressant.
Le dénouement montre plutôt une cohabitation. Les jouets se battent pour protéger la place qu’ils occupent encore, mais ils ne cherchent pas à effacer le neuf. Résultat, la fin donne raison aux deux mondes.
Cette fois, le drame est surtout du côté de Bonnie
La vraie différence avec les précédents volets, c’est que l’intrigue tourne d’abord autour de la relation entre Bonnie et le monde. Pas de grand méchant à la Sid, Stinky Pete ou Lotso. Même Lilypad, pourtant très envahissante, n’est pas traitée comme un pur antagoniste.
Le problème vient plutôt de l’usage. Quand Bonnie commence à se servir de Lilypad pour créer des liens avec les filles de son groupe de danse, elle se heurte à la logique des statuts sociaux, des cliques et des blagues cruelles dans un groupe de discussion. Fragile, elle finit par rejeter ses jouets jugés ringards et s’enferme dans l’écran, jour et nuit.
Les fils séparés finissent par se rejoindre
Pendant ce temps, Woody, rappelé après sa mission auprès de jouets abandonnés, retrouve Jessie et Buzz. Jessie, avec Bullseye, tombe sur trois anciens jouets technologiques menés par Smarty Pants, doublé par Conan O’Brien, dans la maison qui appartenait autrefois à Emily et qui est maintenant celle de la famille de Blaze.
Ailleurs, Woody et Buzz bricolent leurs plans pour freiner l’influence de Lilypad, pendant qu’une armée de Hi-Tech Buzz Lightyear avance vers eux. Et c’est là que le film se cale bien. Jessie comprend que ses nouveaux alliés tech ont vécu la même mise au rebut qu’elle. Lilypad, de son côté, réalise la peine infligée à Bonnie et choisit de s’éloigner.
Les héros retrouvent alors Lily grâce aux Buzz high-tech, qui sont aussi des drones capables de voler. Ensemble, ils poussent Bonnie et Blaze à se rapprocher, jusqu’à cette rencontre qui scelle leur amitié.
Une fin qui parle moins de jouets que d’accompagnement
Bref, le film parle surtout d’autre chose. De parents, presque. De cette angoisse de voir un enfant grandir, se tromper, puis apprendre à avancer sans qu’on puisse tout contrôler.
La dernière idée, la plus juste, est là. Chacun aide Bonnie à grandir, ses jouets analogiques, les gadgets plus modernes, et ses parents aussi. Pas mal de suites s’accrochent au passé. Toy Story 5, lui, préfère regarder comment une communauté entière peut accompagner une enfant dans un monde moderne, parfois rude, mais pas condamné d’avance.