En bref
- It Ends détourne le film en boucle temporelle
- Quatre amis piégés sur une route sans fin
- NEON sortira le film le 21 août 2026
L’horreur liminale a un problème assez fascinant, elle n’a pas encore de forme fixe. Et c’est précisément pour ça que It Ends attire l’œil. Son trailer vend un cauchemar de poursuite, oui, mais derrière cette façade il y a autre chose, quelque chose de plus tordu, plus abstrait aussi.
Un film qui prend le time loop à rebours
Le point de départ, en creux, renvoie à tout un pan du cinéma de la boucle temporelle, de Groundhog Day à Palm Springs, en passant par Source Code ou Happy Death Day. D’habitude, ces récits rejouent la même journée et obligent leurs personnages à se confronter au libre arbitre, au déterminisme, à leur place dans le monde.
Ici, Alexander Ullom, qui signe son premier long métrage comme scénariste et réalisateur, garde cette matière existentielle mais retourne le dispositif. Le film ne semble pas répéter le temps, il enferme ses personnages dans un espace qui refuse de finir. La nuance compte, parce qu’elle change tout.
Une route, une forêt, et aucune sortie
Le récit suit quatre amis fraîchement diplômés, incarnés par Phinehas Yoon, Akira Jackson, Noah Toth et Mitchell Cole, réunis pour se retrouver. Ils s’engagent sur une route isolée. Mauvaise idée.
Cette route, et la forêt autour, n’ont apparemment pas de fin. Impossible de faire demi-tour. Et s’ils arrêtent la voiture puis la quittent trop longtemps, des dizaines de silhouettes surgissent des bois pour les attaquer, eux et leur véhicule. Résultat ? Un cadre de cauchemar très concret, presque primitif, qui dépasse vite la simple chasse à l’homme.
L’horreur liminale sort du simple exercice d’ambiance
On parle beaucoup de liminal horror, mais le genre reste flou. C’est un courant nourri autant par Internet que par le cinéma, avec des œuvres comme Backrooms, Skinamarink, Exit 8 ou même les animatroniques vivants de Five Nights at Freddy’s. Son point commun, ce n’est pas une formule. C’est un malaise d’espace, de présence, de définition incomplète.
Du coup, classer un film comme It Ends n’est pas si simple. Et c’est plutôt une bonne nouvelle. Quand un sous-genre repose d’abord sur une sensation, il laisse plus de place aux écarts, aux mélanges, aux accidents de ton.
Entre poursuite et théâtre existentiel
Le trailer laisse entendre que It Ends ne se contente ni d’être un film de traque, ni un simple puzzle movie. Le projet irait chercher du côté du théâtre existentiel, avec des résonances à No Exit de Jean-Paul Sartre et à Waiting For Godot de Samuel Beckett. Ce n’est pas rien.
Là où ces pièces regardaient des personnages plus âgés et le poids de leur passé, It Ends déplacerait cette angoisse vers des héros de la génération Z jetés dans un piège qu’ils n’ont pas créé. C’est sans doute là que le film peut marquer. Pas comme nouvelle recette de l’horreur, clairement, mais comme preuve que l’horreur liminale peut aussi devenir un terrain d’idées. NEON sortira le film le 21 août 2026.