Avec Backrooms, le cinéma retrouve ce moment rare après séance

Le succès de Backrooms ne se lit pas seulement au box-office. Dans une salle écossaise, le film a déclenché un échange rare qui dit beaucoup.

Backrooms
Image d'illustration. Backrooms — A24 / PR-ADN

En bref

  • Backrooms provoque de vraies discussions en sortie de salle
  • Le film confirme l’élan d’une horreur originale portée par la Gen Z
  • Son succès rassure sur l’avenir du cinéma

Le plus intéressant avec Backrooms, ce n’est pas seulement son box-office. C’est ce qu’il raconte sur l’état du cinéma. Pendant que des mastodontes comme Star Wars: The Mandalorian and Grogu déçoivent, le premier long métrage surréaliste de Kane Parsons s’impose autrement, en donnant au public de quoi ruminer après la séance.

Un film étrange qui tombe au bon moment

On parle d’un film pensé comme un cauchemar liminal, presque physique, de ceux qui collent à la peau. Et visiblement, ça touche juste. La source insiste sur un point simple, mais révélateur, les spectateurs semblent avoir faim d’un récit original, moins calibré, plus dérangeant aussi.

Ce contraste compte. D’un côté, des franchises censées porter Hollywood. De l’autre, une proposition plus risquée, plus abstraite, qui conquiert les salles. Pas mal de films promettent d’être « différents ». Backrooms, lui, pousse les gens à continuer le film une fois les lumières rallumées.

La scène qui résume tout

L’exemple raconté par la source est parlant. Après une projection un lundi soir pluvieux à Coatbridge, en Écosse, un inconnu est venu discuter du film à la sortie. Pour l’auteur, qui fréquente les cinémas presque chaque semaine depuis 1998, c’était une première.

Le détail n’a rien d’anodin. Le spectateur, visiblement dans la fin de l’adolescence ou au début de la vingtaine, était à la fois excité et perdu, mais dans le bon sens. Il voulait démonter la fin, proposer des théories, chercher un sens plus profond. Et comme l’auteur lui-même essayait encore de comprendre le dernier acte, la conversation a naturellement dérivé vers plusieurs interprétations.

Résultat ? Backrooms ne se contente pas d’être vu. Il est discuté.

Pourquoi cette discussion compte plus qu’elle en a l’air

La source relie cette expérience à un mouvement plus large. Backrooms et Obsession participeraient à une nouvelle poussée de l’horreur, portée par des créateurs de la Gen Z passés par YouTube, avec des récits qui parlent directement aux angoisses existentielles des jeunes adultes.

Et ce ne serait pas un cas isolé. Des collègues du média disent avoir vu eux aussi de jeunes spectateurs prolonger les films en discussions nourries après le générique. C’est là que le bouche-à-oreille reprend de la valeur, pas comme slogan marketing, mais comme réaction réelle. On sort, on débat, on recommande à des amis.

Au fond, c’est ce qui rend l’histoire intéressante. Ce succès redonne un peu d’air à une industrie travaillée par la peur de l’IA et des franchises vidées de leur âme. Il rappelle qu’une œuvre bizarre, humaine et vraiment singulière peut encore fédérer à grande échelle. Et qu’une salle de cinéma peut toujours servir à ça, réunir des inconnus autour d’un film qu’ils n’ont pas fini de digérer.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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