- TikTok est accusé de diffuser massivement du contenu généré par IA dès l’arrivée des nouveaux comptes, ce qui biaise l’expérience dès les premiers usages.
- Une étude indique que ce contenu touche aussi les jeunes et des thématiques sensibles comme l’éducation, la santé ou l’histoire, avec une forte proportion de vidéos artificielles.
- Malgré des outils mis en place par TikTok pour limiter ce phénomène, le problème persiste, d’où la nécessité de développer l’esprit critique face aux contenus générés par IA.
59%.C’est la part de vidéos classées comme AI slop sur la page For You d’un compte tout neuf sur TikTok, d’après une étude publiée en juin 2026 par Kapwing. Et chez les enfants, on reste presque au même niveau, avec 57,4% des vidéos qui relèvent de ce même bruit de fond généré par machine. Avant même que l’algorithme comprenne ce que vous aimez, il vous gave déjà de contenus douteux. Pas idéal comme première impression.
L’algorithme balance du faux très tôt
Sur le papier, TikTok affine votre fil selon ce que vous regardez, aimez ou commentez. Le souci, c’est l’étape d’avant. Kapwing explique que la plateforme arrose massivement les nouveaux comptes avec ce remplissage low effort fait par IA.
Le rapport ajoute que c’est trois fois plus que sur un nouveau compte YouTube. Et là, on parle bien d’un problème de porte d’entrée. Si vos premiers scrolls ressemblent à une décharge numérique, le reste part déjà de travers.
Les enfants prennent le mur de plein fouet
Là où ça devient franchement moche, c’est sur les contenus orientés jeunes. Selon l’étude, 97% des vidéos taguées #cartoonkids tombent dans cette catégorie. Même les vidéos en #healthtips sont touchées à 74%.
Le plus gênant, c’est que des espaces censés informer ne sont pas épargnés. Kapwing classe comme AI slop 35% des TikToks liés à Science et Education, 33,8% dans Health et 33,5% dans History. Bref, même quand ça prétend apprendre quelque chose, il faut lever un sourcil.
TikTok a déjà bougé, mais ça ne suffit pas
En 2025, TikTok a lancé des réglages pour réduire la quantité de contenu généré par IA visible dans le fil. La plateforme a aussi investi dans des initiatives autour de la littératie IA.
C’est utile, clairement. Mais les chiffres du rapport montrent que la digue laisse passer beaucoup d’eau, surtout pour les nouveaux venus et les plus jeunes. Et c’est là que le sujet devient important pour tout le monde, pas seulement pour les parents.
Ce qu’il faut apprendre aux plus jeunes
Le rapport donne quelques réflexes simples. Si une vidéo semble trop absurde pour être vraie, mieux vaut s’arrêter avant d’y croire, qu’il s’agisse d’une célébrité hors personnage, d’un faux discours historique ou d’animaux qui font l’impossible.
Autre base, vérifier si une source sérieuse parle aussi du sujet. Si une prétendue info majeure n’existe qu’à travers une vidéo virale, mauvais signe.
Et il faut regarder les coutures. Mains bizarres, dents ratées, fond qui change sans raison, clignements peu naturels, voix robotiques, objets qui apparaissent ou disparaissent. Même chose pour les commentaires, qui grillent souvent la supercherie avant la fin du clip. Le vrai antidote, au fond, c’est encore l’attention.