En bref
- Anthropic signe un contrat massif avec SpaceX pour sa puissance de calcul IA.
- Elon Musk reconnaît désormais le leadership d’Anthropic malgré la concurrence.
- L’accord soulève des questions sur les risques liés à cette proximité stratégique.
Le vrai sujet, c’est la taille du chèque. Depuis juillet 2026, Anthropic fait partie des plus gros clients de SpaceX, avec un accord signé en mai 2026 pour acheter 300 mégawatts de calcul, soit toute la production du centre de données Colossus 1, près de Memphis. Et on ne parle pas d’un petit test. Anthropic doit payer environ 1,25 milliard de dollars par mois jusqu’en mai 2029, ce qui représente 40 milliards de dollars de revenus pour l’unité xAI de SpaceX. Même Google a aussi signé, jusqu’en juin 2029, pour environ 920 millions de dollars par mois. Là, on est au-delà du simple partenariat cloud.
Un contrat trop gros pour être anodin
Ce qui rend l’histoire assez folle, c’est que xAI a fusionné avec SpaceX en février 2026. Du coup, Anthropic achète sa puissance de calcul à un groupe contrôlé par un concurrent direct. Sur le papier, ça peut sembler risqué. En pratique, casser un contrat pareil coûterait très cher à tout le monde, surtout à SpaceX.
Et il y a un autre point. En hébergeant un acteur qui grossit très vite, les ingénieurs de SpaceX peuvent apprendre à construire et maintenir une infra adaptée aux besoins d’Anthropic, un peu comme le font déjà ceux d’Amazon. Pour une boîte qui joue la guerre de l’IA à grande vitesse, ce genre de proximité vaut de l’or.
Elon Musk change franchement de ton sur Anthropic
Sur le réseau social X, Elon Musk a reconnu s’être trompé sur Anthropic. En septembre 2025, il expliquait encore que gagner ne faisait pas partie des issues possibles pour l’entreprise. Cette semaine, virage complet. Il dit désormais qu’Anthropic est clairement le leader actuel de l’IA et qu’aucune société n’a sorti un modèle aussi bon que Mythos/Fable.
Il va même plus loin, en assurant que Mythos 2 arrivera sans doute bientôt. Et surtout, il promet qu’il ne couperait jamais Anthropic d’une façon qui lui ferait vraiment mal, même face à un concurrent. Bref, le discours a changé de map.
Ses preuves, et leurs limites
Pour défendre cette ligne, Elon Musk cite plusieurs précédents. Tesla a renoncé en 2014 à lancer des poursuites sur ses brevets contre ceux qui utilisent sa technologie de bonne foi. Le réseau Supercharger et le design de son port de recharge ont aussi été ouverts à la concurrence. Côté SpaceX, il affirme que l’entreprise lance des systèmes satellites concurrents sans surfacturation ni conditions déloyales.
Sauf que bon, l’argument a ses trous. Musk n’est pas exactement étranger aux manœuvres agressives contre ses rivaux. Il a par exemple attaqué OpenAI en justice. Donc sa parole compte, mais elle ne suffit pas à elle seule.
Pourquoi ce deal reste sensible malgré tout ?
Anthropic ne dépend pas seulement du bon vouloir de Musk. Si SpaceX coupait brutalement l’infrastructure, il y aurait forcément des conséquences contractuelles. Et vu les sommes en jeu, SpaceX a tout intérêt à garder le deal intact. Aujourd’hui, il n’y a quasiment que du bonus pour le groupe.
Mais la zone grise existe. Lors de son procès contre OpenAI, Musk a reconnu que la distillation était bien réelle, ce procédé où une entreprise envoie une pluie de prompts via de faux comptes pour comprendre le fonctionnement d’un modèle rival. Il a même répondu à une question sur xAI en disant, en français : « En général, les entreprises d’IA distillent les autres entreprises d’IA ».
En février 2026, Anthropic accusait déjà trois fabricants chinois de modèles d’avoir fait ça à Claude. On peut penser qu’Anthropic et Google ont prévu des garde-fous. Mais héberger le calcul d’un concurrent donne forcément une visibilité que la plupart des rivaux n’auront jamais. Et c’est là que le deal devient fascinant, pas seulement rentable.