En bref
- SoftBank doute des data centers en orbite.
- SpaceX y trouverait aussi un intérêt industriel.
- Le débat cache surtout des intérêts croisés.
La ruée vers l’IA manque tellement de compute que même les idées qui semblaient sorties d’un pitch de science-fiction commencent à circuler sérieusement. Et dans ce lot, les data centers orbitaux d’Elon Musk divisent déjà pas mal de monde.
Lors d’une récente assemblée d’actionnaires, Masayoshi Son, patron de SoftBank, a mis les pieds dans le plat. En gros, construire des centres de données dans l’espace ne ferait pas vraiment baisser les coûts et arriverait beaucoup trop tard. Son raisonnement est simple, et franchement difficile à balayer d’un revers de main, la bataille de l’IA se joue dans les prochaines années, pas dans une dizaine d’années.
L’IA manque de compute, mais l’espace ne règle pas l’urgence
Le fond du problème, vous le connaissez. Tout le secteur cherche de la puissance de calcul, vite. Sur Terre, multiplier les nouveaux sites devient compliqué pour plein de raisons, ce qui pousse certains à regarder vers l’orbite comme une échappatoire possible.
Mais c’est justement là que la critique de SoftBank tape juste. Même si la techno finissait par marcher, il faudrait des années avant d’en voir un effet concret, avec des coûts annoncés comme très lourds. Résultat, ce n’est pas une réponse crédible au besoin immédiat en data centers. Pas de quoi tuer le concept, mais pas de quoi régler la crise non plus.
Chez SoftBank, le sceptique a lui-même un CV de parieur
Ce qui rend la sortie de Masayoshi Son assez savoureuse, c’est le passif de SoftBank. La remarque a été soulignée par Kirsten Korosec, qui y voit une vraie ironie, tant le groupe a une longue habitude des paris spectaculaires.
Autrement dit, quand quelqu’un avec ce profil commence à poser la même question que beaucoup se posent déjà, ça compte. D’autant que l’idée des centres de données en orbite a visiblement embarqué une partie des fondateurs et des investisseurs, alors qu’il y a encore peu, elle aurait été accueillie avec beaucoup plus de méfiance. Et oui, le nom de WeWork est revenu dans la discussion. Ça pique toujours un peu.
Pour SpaceX, l’orbite peut aussi nourrir un autre business
L’autre angle, c’est SpaceX. Selon Sean O’Kane, une constellation de satellites servant de data center orbital, avec des appareils à remplacer tous les quelques années, garantirait aussi davantage d’activité pour le business de lancement de l’entreprise.
Ce n’est pas anodin. Aujourd’hui, la domination de SpaceX sur le lancement mondial repose largement sur Starlink. Sans ce moteur, la part de marché du groupe serait bien plus basse que les 80 à 90% évoqués dans le débat. Vu comme ça, l’idée n’est plus seulement un défi d’ingénierie. C’est aussi un possible accélérateur maison.
Personne n’est neutre dans ce débat
Et c’est sans doute le point le plus important. Anthony Ha rappelle que les grands patrons tech ont tendance à prédire un futur qui arrange aussi leur business. Dans le cas de Musk, l’orbite serait bonne pour SpaceX. Dans celui de SoftBank, le groupe est déjà très investi dans des projets de data centers terrestres.
Même scepticisme du côté de Sam Altman, qui a lui aussi levé les yeux au ciel sur cette idée, avec en bonus son historique compliqué avec Elon Musk. Bref, dans cette bataille, il n’y a pas d’observateur proprement neutre. Juste des visions, des milliards en jeu, et une industrie qui improvise son futur en direct.