En bref
- Fidji Simo quitte son rôle opérationnel chez OpenAI pour raisons de santé.
- Son départ fragilise la direction au moment où l’entreprise veut accélérer.
- OpenAI doit maintenant trouver un nouveau responsable des opérations et du business.
OpenAI perd une pièce importante au pire moment. Alors que le groupe pense à une possible IPO, veut combler l’écart avec Anthropic côté entreprise et cherche encore la bonne formule pour sa croissance, Fidji Simo quitte son poste opérationnel à temps plein. Et ce n’est pas un détail.
Un départ qui tombe vraiment mal
Dans une note adressée aux salariés, Fidji Simo a expliqué que son congé médical durait plus longtemps et se révélait plus difficile que prévu. Elle va donc laisser son rôle à temps plein chez OpenAI et passer dans une fonction de conseillère à temps partiel.
Pour Sam Altman, le trou est réel. Fidji Simo était vue comme une dirigeante capable d’assumer encore plus de responsabilités si OpenAI entrait en Bourse. Là, il faut trouver un successeur au moment où l’entreprise a besoin de stabilité. Mauvais timing, clairement.
La santé, puis une sortie devenue permanente
Ce retrait prolonge une séquence entamée en avril. Fidji Simo avait alors révélé une rechute d’une maladie neuro-immune et pris un congé médical.
Dans cette même période, l’organigramme a déjà commencé à bouger. Brad Lightcap a basculé vers un poste de « projets spéciaux », Kate Rouch a quitté l’entreprise pour se concentrer sur sa récupération après un cancer, et Kevin Weil est parti lui aussi depuis. Vu de l’extérieur, le banc des dirigeants paraît vite un peu court pour une société valorisée à 852 milliards de dollars.
Le poste qu’elle occupait était devenu clé
Arrivée au conseil d’administration en 2024, puis recrutée en mai 2025, Fidji Simo avait pris la tête d’un poste tout neuf, celui de CEO of Applications. En gros, elle récupérait le cœur des opérations produit et business.
Brad Lightcap, Sarah Friar et Kevin Weil se sont alors mis à lui reporter directement. Pendant ce temps, Sam Altman reprenait de la bande passante sur la recherche, la puissance de calcul et la sécurité. Ce partage des rôles donnait une structure plus lisible. Son départ la fragilise d’un coup.
OpenAI doit grandir alors que ses lignes bougent
Le problème, c’est que Fidji Simo pilotait surtout le business grand public, au moment où ChatGPT a vu sa croissance ralentir en fin d’année dernière. L’outil a raté des objectifs internes de revenus, et OpenAI a dû appuyer plus fort sur les outils de code, un terrain où Anthropic reste devant pour l’instant.
Autre toile de fond, la guerre des talents. En avril de l’an dernier, OpenAI a réduit de 12 à 6 mois le délai avant acquisition des actions pour les nouvelles recrues. Puis, en décembre dernier, le cliff a disparu complètement. En interne, Fidji Simo présentait ça comme une façon de permettre aux salariés de « prendre des risques » sans craindre de perdre leur equity s’ils partaient tôt. La société devait dépenser 6 milliards de dollars en rémunération en actions sur 2025. Bon, aucun des départs évoqués ici ne semble lié à cette question.
Reste une question très concrète, maintenant. Qui reprend la main ? Denise Dresser, arrivée en décembre comme chief revenue officer après avoir dirigé Slack, pourrait logiquement peser plus lourd. Chez OpenAI, il va bien falloir remplir la case.