En bref
- Street Fighter sera classé PG-13
- Mortal Kombat vise un public plus adulte
- Le pari commercial reste incertain
Le prochain Street Fighter ne jouera pas la même partition que Mortal Kombat. La Motion Picture Association l’a classé PG-13, avec violence, action, images sanglantes, langage appuyé, références sexuelles, nudité partielle et une brève scène de tabagisme. Dit autrement, le film veut rester musclé sans basculer dans l’interdit aux plus jeunes.
Un classement qui dit déjà la cible
Ce choix trace une ligne claire face aux adaptations récentes de Mortal Kombat. Le reboot de 2021 et Mortal Kombat II, sorti cette année, ont tous deux décroché un classement R, notamment pour leur violence sanglante, leur langage cru et leur contenu plus brutal. On voit l’idée, élargir la porte d’entrée.
Un PG-13, ça peut attirer des ados, des groupes familiaux et des spectateurs occasionnels, là où un R réduit mécaniquement le bassin de tickets. Sur ce point, Street Fighter essaie clairement de se distinguer de son rival le plus évident.
La saga reste fidèle à sa propre histoire
Il y a aussi un détail intéressant, ce classement ne rompt pas avec l’ADN cinéma de la licence. Le film de 1994 portait déjà le label PG-13, tout comme Street Fighter: The Legend of Chun-Li en 2009. Résultat, la franchise prolonge une tendance vieille de 32 ans.
Et ce n’est pas anodin. On pouvait imaginer une surenchère gore pour coller à l’époque, mais Legendary Entertainment et Capcom semblent choisir une autre voie pour leur adaptation, attendue à l’automne 2026.
Au box-office, l’avantage existe, mais il n’assure rien
Le raisonnement paraît simple. Si Mortal Kombat II a touché un public plus restreint, Street Fighter peut viser plus large. Le film de Warner Bros. et New Line a coûté environ 74 millions d’euros (80 millions de dollars), contre environ 51 millions d’euros (55 millions de dollars) pour l’épisode de 2021. Il a démarré à environ 58 millions d’euros (63 millions de dollars) dans le monde, avant de finir autour de 118 millions d’euros (128 millions de dollars).
Le problème, c’est l’économie réelle d’une sortie large. Avec les coûts marketing et la part des salles, il fallait plutôt viser environ 184 millions d’euros (200 millions de dollars) pour rentrer dans ses frais. Le film n’y est pas arrivé.
Bon, un classement plus accessible ne garantit rien non plus. Cette année, des licences coûteuses ont trébuché, avec Masters of the Universe à environ 156 millions d’euros (170 millions de dollars) de budget pour seulement environ 101 millions d’euros (110 millions de dollars) de recettes mondiales, ou Supergirl, même budget de production, pour un lancement à environ 58 millions d’euros (62,6 millions de dollars). À l’inverse, des projets originaux comme Obsession, produit pour environ 690000 euros (750000 dollars), ont dépassé environ 340 millions d’euros (370 millions de dollars), tandis que Backrooms a franchi environ 229 millions d’euros (249 millions de dollars) avec un budget d’environ 9 millions d’euros (10 millions de dollars).
Le vrai test, ce sera octobre 2026
La bande-annonce de Street Fighter, très colorée et franchement énergique, a suscité un vrai enthousiasme. C’est un bon signal, quand même. Mais dans un marché où même les grosses licences patinent, l’écart entre curiosité en ligne et achat d’un billet reste énorme.
Le rendez-vous est fixé au 16 octobre 2026. Et derrière le simple classement, c’est sans doute ça qui compte le plus, savoir si une adaptation de jeu vidéo peut encore parler au-delà du noyau de fans, sans renier ce qui la rend identifiable.