En bref
- Obsession entre dans l’histoire du genre
- Un film original porté par un budget minuscule
- Le public valide autant que la critique
Il y a les cartons attendus, puis il y a ce genre d’ovni. Avec un budget d’environ 645 000 euros (750 000$), Obsession vient de se hisser au rang de 5e film d’horreur le plus rentable de tous les temps. Et là, on dépasse le simple exploit comptable.
Un micro-budget qui fait tomber les plafonds
Sorti en mai, le film a déjà signé deux records très parlants. C’est désormais le plus gros film d’horreur de la décennie, mais aussi le long-métrage au budget inférieur à 1 million de dollars le plus rentable jamais vu. Pour un Hollywood obsédé par les franchises, le signal est net.
Ce n’est pas fini. Si Obsession franchit le cap des environ 430 millions d’euros (500 millions$), ce qui semble tout à fait possible à ce stade, il deviendrait aussi le film original le plus rentable de la décennie. Pas un épisode, pas un reboot, pas une licence héritée. Un film original. Clairement, ça change la lecture du marché.
Un film qui retourne le malaise contre son héros
Le cœur du film, lui, explique beaucoup de choses. Obsession suit Bear, joué par Michael Johnston, un jeune homme persuadé qu’il peut forcer le destin avec Nikki, incarnée par Inde Navarrette. En brisant un objet appelé le One Wish Willow, il obtient ce qu’il croit vouloir.
Sauf que le film bascule vite dans quelque chose de bien plus noir. Nikki se retrouve enfermée dans son propre esprit, pendant que Bear s’invente une histoire d’amour. Le sujet n’a rien d’anodin. Le film ausculte la culture du nice guy, l’autonomie, et cette vieille matière du cinéma d’horreur, le contrôle du corps et de l’esprit d’une femme, avec un angle très actuel. Pas de quoi le réduire à un simple film à frissons.
Le vrai message envoyé aux studios
L’autre détail qui frappe, c’est l’alignement rare entre critique et public. Sur Rotten Tomatoes, Obsession affiche 94% chez les critiques comme chez les spectateurs. Même note, même adhésion. Dans ce genre de trajectoire, c’est rarement un accident.
Le critique Jeff Beck parle d’ailleurs d’un film de Curry Barker qu’il voit comme « un souffle d’air frais saisissant et captivant pour un genre qui peine à offrir quelque chose de vraiment unique et mémorable ces derniers temps ». Et du côté du public, l’idée qui revient est simple, bref, presque brutale, un petit film très maîtrisé peut battre une suite de super-héros gonflée aux millions.
En creux, Obsession raconte peut-être surtout ça. Après des années dominées par Marvel, DC et les grandes machines de franchise, les spectateurs continuent de répondre présent quand on leur propose une histoire neuve, incarnée, et un peu risquée. Les studios feraient bien d’écouter, parce que ce succès-là n’a rien d’un hasard.