Star Trek et Doctor Who ont failli se croiser, et l’idée tenait

Star Trek: Strange New Worlds a presque accueilli un vrai clin d’œil à Doctor Who. Derrière ce rendez-vous raté, il y a plus qu’un simple fantasme de fans.

Doctor Who BBC
Image d'illustration. Doctor Who — BBC / PR-ADN
  • Star Trek et Doctor Who ont failli se croiser
  • Pelia devait être liée au TARDIS
  • Le projet n’a jamais été officialisé

Un vrai croisement entre Star Trek et Doctor Who a failli voir le jour. Et pas sous la forme d’un vague clin d’œil planqué dans un décor, mais avec une idée assez savoureuse, faire de Pelia, l’ingénieure de l’USS Enterprise dans Star Trek: Strange New Worlds, une ancienne compagne du Docteur.

Un crossover discuté pendant des années

C’est Akiva Goldsman, co-créateur et scénariste de Strange New Worlds, qui l’a raconté à Radio Times. Il explique avoir travaillé pendant des années avec Russell T. Davies, lui aussi scénariste de Doctor Who, pour essayer de monter un crossover officiel. Selon lui, ils n’étaient pas si loin et ont eu de vraies discussions autour du projet.

Goldsman résume l’idée ainsi, « Nous essayions avec Russell de faire un crossover. Pendant des années. (…) Nous n’étions pas si loin, et nous avons eu des conversations vraiment cool à ce sujet. Donc, de notre point de vue, Pelia a voyagé dans le TARDIS. Pourquoi pas ? »

L’idée tient assez bien dans la logique interne de la série. Pelia, jouée par Carol Kane, est une Lanthanite, une espèce humanoïde qui peut vivre des milliers d’années. Donc oui, elle aurait très bien pu croiser le Docteur plusieurs siècles plus tôt et devenir l’une de ses compagnes de route.

Le clin d’œil existe déjà, mais sans valeur canonique

Ce qui est amusant, c’est que la série a déjà flirté avec cette piste. Dans l’épisode The Sehlat Who Ate Its Tail, un plan large de l’Enterprise laisse entrevoir un minuscule TARDIS flottant dans l’espace. Un de ces easter eggs faits pour les spectateurs qui mettent pause au bon moment.

Mais il ne faut pas lui donner plus de poids qu’il n’en a. La source précise bien que ce détail n’officialise rien, et ne signifie pas que Star Trek et Doctor Who partagent réellement le même univers canonique.

Pourquoi cette rencontre compte autant pour les fans

Le fantasme n’a rien d’un caprice récent. Doctor Who existe depuis 1963, Star Trek depuis 1966. Les deux séries ont, chacune à leur manière, posé les bases de la grande science-fiction télévisée moderne. Du coup, voir le Docteur débarquer sur l’Enterprise aurait eu quelque chose d’évident, presque de culturellement attendu.

Radio Times rappelle d’ailleurs qu’en 2024, lors d’une convention SF, Russell T. Davies disait lui aussi vouloir un crossover. Et les passerelles ne manquent pas. Dans Star Trek: The Next Generation, l’épisode I, Borg mentionne l’Argolis Cluster, un nom repris d’un épisode de Doctor Who de 1980. Dans The Neutral Zone, un écran d’ordinateur affiche même les noms des six acteurs qui avaient joué le Docteur à l’époque.

Il y a aussi les comics IDW, notamment Assimilation², non canonique, où le onzième Docteur de Matt Smith croise le capitaine Picard, pendant que le quatrième Docteur de Tom Baker rencontre le capitaine Kirk. Sans oublier Gary Seven, personnage très doctoresque introduit très tôt dans Star Trek avec son portail étrange et sa compagne humaine.

Un regret qui tombe au pire moment pour Star Trek

Ce rendez-vous manqué pèse d’autant plus que Strange New Worlds entre dans sa fin de parcours. La saison 4 arrivera sur Paramount+ le 23 juillet 2026, avec un épisode intitulé Valles Marineris. Mais la série s’arrêtera après sa saison 5, déjà tournée, et Star Trek: Starfleet Academy a été annulée après sa saison 2, elle aussi déjà filmée, mais pas encore diffusée.

Résultat, les fans vont devoir se rabattre sur les rediffusions, les romans dérivés et les discussions sans fin sur ce qui aurait pu exister. Parmi ces regrets, ce crossover avorté risque de rester longtemps en haut de la pile. Parce qu’il dit quelque chose de simple, les grandes franchises vivent aussi de leurs occasions ratées, pas seulement de ce qu’elles diffusent vraiment.