En bref
- SpaceX maintient jusqu’en 2027 des turbines à gaz sans permis pour alimenter les data centers Colossus de xAI.
- L’entreprise est au cœur d’un conflit juridique et environnemental sur les émissions et les autorisations nécessaires.
- Une nouvelle centrale au gaz doit remplacer ces installations, mais soulève de nouvelles questions sur les besoins énergétiques de SpaceX.
Juillet 2027. Voilà la date qui compte. SpaceX a confirmé que les turbines sans permis utilisées pour alimenter les data centers Colossus de xAI près de Memphis ne seront pas toutes retirées avant cette échéance, alors même que le groupe prépare une centrale au gaz permanente de 1,2 gigawatt.
Le calendrier ne laisse aucun doute
Aujourd’hui, SpaceX dit exploiter 69 turbines à gaz pour faire tourner les sites Colossus. Une bonne partie fonctionne depuis des mois. Le retrait complet n’arrivera donc pas avant l’été 2027, le temps de basculer vers la nouvelle installation énergétique.
Détail qui compte aussi, SpaceX a racheté xAI en février 2026. Autrement dit, le dossier n’est plus périphérique. Il est directement dans les mains de la même maison.
Le cœur du conflit, c’est la question des permis
La bataille ne tourne pas juste autour de machines bruyantes posées près d’un campus. SpaceX soutient que les turbines actuelles peuvent fonctionner sans permis parce qu’elles sont toujours installées sur les remorques de livraison. Sauf que, selon les règles fédérales évoquées dans le dossier, leur taille et leur usage imposent bien des autorisations, peu importe le support.
C’est précisément ce que contestent l’NAACP et le Southern Environmental Law Center, qui ont attaqué xAI en justice. Et là, on touche à un point plus politique: le mois dernier, le Department of Justice s’est rangé du côté de SpaceX, en expliquant que cette affaire relevait de la sécurité nationale, économique et énergétique. Pas anodin.
Un site déjà très exposé sur le plan environnemental
Les turbines sont installées au sud de Memphis, dans le Mississippi, juste de l’autre côté de la frontière avec le Tennessee. Le problème, c’est que la zone fait déjà partie des régions les plus polluées des États-Unis.
Et les chiffres piquent. Les turbines exploitées par xAI ont le potentiel d’émettre plus de 2000 tonnes par an de NOx, ces oxydes d’azote qui participent à la formation du smog. Là, on n’est plus dans le simple débat administratif.
La future centrale règle un problème, mais ouvre une autre piste
La nouvelle centrale que construit SpaceX doit reposer sur 41 turbines à gaz, avec des puissances allant de 16,48 à 50 mégawatts, d’après les permis délivrés par l’État du Mississippi. Elles semblent différentes de celles utilisées aujourd’hui sur le site. Impossible, en revanche, de confirmer précisément les modèles des 69 turbines déjà en service.
Et ce n’est pas fini. Dans son dossier d’introduction en Bourse, SpaceX prévoit d’acheter pas moins de 2,8 milliards de dollars de turbines à gaz pour ses data centers sur les trois prochaines années. Plus tôt cette année, Elon Musk a aussi mis la main sur APR Energy, spécialiste de l’énergie temporaire au gaz naturel. Or, les turbines visibles dans les archives du site d’APR Energy paraissent, elles aussi, différentes de celles prévues pour la centrale permanente. Du coup, difficile de ne pas voir poindre un autre projet, encore non annoncé.