En bref
- Le final se referme sur Richie.
- Carmy quitte la restauration.
- La série confirme son vrai cœur émotionnel.
Le dernier plan dit souvent la vérité d’une série. Celui de The Bear choisit Richie Jerimovich, et ce n’est pas un simple clin d’œil sentimental. Après la mise en ligne de sa saison 5 sur Hulu, la série de Christopher Storer boucle son parcours en désignant, assez clairement, son ingrédient secret depuis le début.
Le dernier visage n’a rien d’un hasard
Dans les toutes dernières minutes, Carmy Berzatto s’éloigne non seulement du restaurant, mais de toute l’industrie. Sydney Adamu, elle, profite d’un moment de consécration avec deux étoiles Michelin pour l’établissement. Et puis la caméra revient à Richie, crispé avant son tout premier vol en avion.
Là, une main attrape la sienne, celle de Jess, collègue passée par Ever puis par The Bear, et manifestement devenue sa compagne. C’est discret, mais très parlant. La série ne termine pas sur l’ambition, ni sur la chute de Carmy. Elle termine sur une évolution accomplie.
Depuis le début, Richie portait le cœur de la série
On pouvait croire que tout tournait autour de Carmy, chef écrasé par son trauma, ses standards et la mémoire de son frère Mikey Berzatto. C’est vrai, en partie. Mais Richie, meilleur ami de Mikey, a toujours été l’énergie la plus vive du récit, la plus imprévisible aussi.
Au départ, c’est le type ingérable, colérique, drôle, incapable de se fondre dans le projet. Et pourtant, sa trajectoire prend la direction inverse de celle de Carmy. Pendant que l’un se détache peu à peu de son métier, l’autre apprend à y trouver une place, une fierté, presque une paix. Ebon Moss-Bacharach porte ça avec une intensité assez rare, quand même.
Forks avait déjà tout annoncé
Si vous suivez The Bear depuis 2022, l’épisode Forks ressemblait déjà à une clé de lecture. Dans cette parenthèse de la saison 2, Richie part en stage chez Ever, lui qui voyait jusque-là la haute cuisine comme un monde de snobs.
C’est là que tout bascule. Il découvre la précision du service, mais surtout la joie qu’un grand repas peut produire. Pas la cuisine comme performance, la cuisine comme attention aux autres. Bref, la série montrait déjà que son vrai centre n’était peut-être pas le génie tourmenté, mais celui qui apprend enfin pourquoi il fait ce travail.
La saison 5 inverse les rôles
La dernière saison pousse cette idée jusqu’au bout. Sur une journée de service harassante, sous la pluie, avec un restaurant presque à sec, faute d’argent et donc d’ingrédients, Richie tient la baraque. C’est presque ironique quand on repense au boulet humain qu’il était au début, notamment lors de l’épisode en plan-séquence de la saison 1, quand Sydney finit par le poignarder sur le côté.
Ici, il absorbe les problèmes, garde le service vivant, refuse même d’annuler des réservations malgré la demande de Sydney. Puis Natalie « Sugar » Berzatto lui apprend qu’il est invité à une conférence sur l’hospitalité au Japon pour perfectionner encore son savoir-faire. Et c’est sans doute ça, le vrai geste final de The Bear : dire qu’au milieu du chaos, celui qui grandit vraiment finit par redéfinir la série entière.