Pourquoi Falling Skies, la série SF oubliée de Spielberg, vieillit si bien

Quinze ans après son lancement sur TNT, Falling Skies mérite mieux que l’oubli. Cette série d’invasion alien a gagné en force avec le temps.

Falling Skies
Image d'illustration. Falling Skies — TNT / PR-ADN
  • Falling Skies fête ses 15 ans
  • La série a duré cinq saisons
  • Son approche humaine la rend plus forte aujourd’hui

Quinze ans après son lancement, Falling Skies ressemble moins à une vieille série de SF qu’à une fiction qui a simplement attendu son moment. Diffusée pour la première fois le 19 juin 2011 sur TNT, puis arrêtée le 30 août 2015 après cinq saisons, elle n’a jamais gardé la place centrale de certains gros récits d’invasion. Et c’est presque injuste.

Une série arrivée après la catastrophe

L’idée la plus maligne est là. Le monde est déjà tombé quand la série commence. Pas de montée progressive vers l’apocalypse, pas de fascination pour le premier contact. L’invasion alien a eu lieu six mois plus tôt, les armées se sont effondrées, la planète a été ravagée et plus de 90 % de l’humanité a disparu.

On suit alors Noah Wyle dans le rôle de Tom Mason, ancien professeur d’histoire devenu l’un des chefs du régiment de milice du Massachusetts, sorte de reste du gouvernement et de l’armée américaine. Leur objectif tient en peu de mots, survivre, protéger ce qui reste, et tenter de reprendre la planète. Sur le papier, ça pourrait sembler vu cent fois. En pratique, non.

Le vrai sujet, ce ne sont pas les aliens

Ce que Falling Skies comprend très bien, c’est qu’une invasion n’est pas seulement une affaire de stratégie ou de puissance de feu. Le cœur du récit, c’est la manière dont des adultes continuent à tenir debout, à élever des enfants, à faire famille dans un monde qui n’offre plus aucune structure.

Cette place donnée à la famille, au sens biologique comme choisi, change tout. Les enjeux deviennent plus concrets, donc plus lourds. Et à mesure que la série avance, avec des enfants de plus en plus liés à l’intrigue alien, cette dimension prend encore plus d’ampleur. Résultat, on regarde moins une guerre spatiale qu’une communauté qui essaie de ne pas se dissoudre.

L’ombre de Spielberg est partout

La série a été créée par Robert Rodat, connu pour son scénario oscarisé de Saving Private Ryan. Il retrouve ici Steven Spielberg, producteur via Amblin Entertainment. Et même si Spielberg n’a ni créé, ni écrit, ni réalisé la série, son empreinte saute aux yeux.

Noah Wyle l’avait d’ailleurs résumé en expliquant que les « empreintes » du cinéaste étaient partout, du script au pilote, en passant par l’ensemble du projet. Ça se sent, surtout dans cette manière de faire passer l’intime avant le spectaculaire.

Pourquoi elle parle mieux au présent

Beaucoup de récits d’invasion vieillissent avec leurs gadgets. Falling Skies, moins. Elle repose peu sur la technologie ou sur de longues démonstrations scientifiques. Elle mise d’abord sur les gens, leur place dans une crise qui les dépasse largement. Clairement, c’est ce qui la rend plus solide aujourd’hui qu’en 2011.

Et le timing lui redonne un peu de relief. Avec l’arrivée de Disclosure Day de Spielberg, autre récit alien présenté comme singulier, Falling Skies paraît de nouveau très actuelle. Pas parce qu’elle aurait tout prévu, mais parce qu’elle avait choisi le bon angle dès le départ, regarder la fin du monde à hauteur d’humain. C’est souvent comme ça qu’une série dure, même quand on l’a un peu oubliée.