Pourquoi Amazon Prime Video a annulé Panic ?

Image d'illustration. PanicAmazon / PR-ADN
Malgré des efforts et un univers prometteur, la série télévisée Panic n’a pas convaincu assez de spectateurs pour survivre.
Tl;dr
- Panic visait à reproduire le succès de The Summer I Turned Pretty sur Amazon Prime Video.
- La série n’a pas réussi à fidéliser le public et a été annulée après moins de trois mois.
- Lauren Oliver a sacrifié temps, argent et santé pour une saison 2 qui n’a jamais été produite.
L’espoir d’un succès Young Adult contrarié
Le créneau des séries destinées aux jeunes adultes a longtemps attiré les convoitises des plateformes de streaming, et Amazon Prime Video s’y est engouffré avec enthousiasme. Après l’immense succès de The Summer I Turned Pretty, qui s’achèvera avec une troisième saison, la plateforme cherchait à reproduire la formule gagnante. Parmi les paris tentés figurait Panic, adaptation du roman éponyme de Lauren Oliver, déjà autrice remarquée pour ses titres à succès comme la trilogie Delirium.
Des débuts prometteurs, une réception mitigée
Lancée en mai 2021, Panic se distinguait par un mélange singulier entre mélodrame adolescent et épreuves à hauts risques. L’intrigue se déroulait dans la ville fictive de Carp, Texas, où 23 lycéens fraîchement diplômés tentaient leur chance dans une compétition clandestine mêlant danger et espoirs d’évasion, le tout sur fond de triangle amoureux classique. Dès son annonce en 2019 par Amazon Studios, puis grâce à un accord exclusif avec la société Glasstown Entertainment de l’autrice, le projet semblait avoir toutes les cartes en main.
L’accueil critique fut correct — 67% sur Rotten Tomatoes — et un contenu audio exclusif accompagna même la sortie, signe d’un réel investissement. Pourtant, moins de trois mois après sa mise en ligne intégrale, Amazon Prime Video décidait brutalement d’annuler la série.
Pistes et regrets autour de l’annulation
Pourquoi ce revirement ? Les explications avancées par Deadline pointent un facteur central : l’incapacité de Panic à créer un lien fort avec le public. La série sœur The Wilds, elle aussi annulée depuis, avait pourtant décroché une seconde saison. Il semble que le caractère relativement autonome du récit ait facilité la décision : pas de suspense laissé en suspens pour les spectateurs.
La réaction ne s’est pas fait attendre. Sur le réseau social X (anciennement Twitter), Lauren Oliver confiait avoir « sacrifié temps, argent et santé » pour ce projet, misant tout sur une potentielle saison 2 qui n’a jamais vu le jour : « J’ai beaucoup sacrifié pour Panic… mon temps, ma stabilité financière (oui, Panic m’a ruiné), et ma santé… On m’a dit que ça en vaudrait la peine dans la saison 2. »
L’envers du décor côté plateformes
Au-delà des critiques ou du scénario auto-conclusif, c’est aussi la réalité économique du streaming qui pèse : ces acteurs privilégient aujourd’hui des séries capables de fidéliser les abonnés pour limiter le « churn », c’est-à-dire l’annulation rapide d’abonnements après visionnage. Malgré une pétition réunissant près de 6600 signatures et une communauté décrite comme « créative et bienveillante », rien n’y a fait : le couperet est tombé sur Panic. La recherche perpétuelle du hit instantané laisse peu de place à l’attente… ni aux secondes chances.