En bref
- Matt Damon veut revenir en Jason Bourne
- Le vrai frein, c’est l’histoire à trouver
- Universal explore aussi d’autres pistes
Le souci avec Jason Bourne, c’est qu’on ne relance pas cette saga comme on relance une machine bien huilée. Matt Damon l’a dit lors d’un passage chez The Rich Eisen Show, il est partant pour revenir. Mais seulement si l’équipe trouve la bonne histoire.
Le problème n’est pas l’acteur, c’est la forme de la saga
Avec Ed Berger, le comédien explique que les discussions existent et que le travail porte surtout sur le récit. Il aimerait refaire un film qui retrouve l’esprit des trois premiers. Et son argument tient debout. James Bond peut repartir à chaque épisode sur une nouvelle mission. Jason Bourne, lui, fonctionne comme une ligne continue.
Résultat, la suite est plus dure à écrire. Il faut redonner au public ce qu’il attend, tout en apportant du neuf. Pas simple quand la structure même de la franchise repose sur la mémoire, le passé et les conséquences.
La trilogie originale avait déjà trouvé sa fin
On l’oublie parfois, mais la première boucle allait déjà très loin. Depuis The Bourne Identity en 2002, jusqu’à The Bourne Ultimatum, la saga suivait un arc très net, celui d’un espion amnésique qui remonte le fil de ce qu’on a fait de lui.
Et cette histoire arrivait à une forme de conclusion naturelle. L’exposition de Operation Blackbriar refermait le dossier, et Jason Bourne tournait enfin la page sur son passé. C’est aussi pour ça qu’un sixième film demande plus qu’un bon concept d’action. Il faut une vraie raison narrative.
Le précédent retour n’a pas totalement convaincu
Le test grandeur nature a déjà eu lieu en 2016 avec Jason Bourne. Le film a bien marché, environ 382 millions d’euros au box-office mondial (415,5 millions de dollars), pour un budget d’environ 110 millions d’euros (120 millions de dollars). Commercialement, ça se tient.
Mais côté accueil, c’était plus tiède. Le film affiche 55 % sur Rotten Tomatoes, très loin du niveau des premiers volets. Même The Bourne Supremacy, le moins bien noté de la trilogie originale, reste à 82 %. La critique principale visait un scénario jugé trop faible, là où les trois premiers tenaient justement par leur tension dramatique.
Edward Berger peut aider, Universal ne laissera pas la licence dormir
L’arrivée d’Edward Berger peut apporter quelque chose. Après Doug Liman, puis surtout Paul Greengrass, la franchise s’est installée dans une grammaire visuelle très identifiable. Efficace, clairement, mais peut-être un peu enfermante. Le réalisateur d’All Quiet on the Western Front et de Conclave a montré qu’il savait faire exister les personnages autant que le dispositif.
Et si cette piste tombe à l’eau, Universal bougera quand même. Le studio a récupéré les droits de la franchise l’an dernier au terme d’une bataille très disputée. Pas le genre d’investissement qu’on range sur une étagère. Une autre rumeur évoque même Zendaya comme possible nouvelle tête d’affiche. Sauf que l’expérience The Bourne Legacy, déjà sans Matt Damon, avait elle aussi laissé un accueil mitigé. Ce qui se joue ici dépasse donc un simple casting. C’est la preuve qu’une grande licence n’est jamais à l’abri d’un problème très basique, raconter quelque chose qui mérite vraiment d’exister.