Backrooms : le succès du film ouvre déjà une bataille sur le fan art

Le carton de Backrooms déclenche un vrai casse-tête autour du fan art. Et son réalisateur, Kane Parsons, n’apprécie pas du tout la manœuvre.

Backrooms
Image d'illustration. Backrooms — A24 / PR-ADN

En bref

  • A24 a visé des créations de fans
  • Kane Parsons conteste ces retraits
  • Le cas dépasse largement un seul film

Internet fabrique des mythes collectifs. Hollywood, lui, aime les adapter, les cadrer, les rentabiliser. L’affaire Backrooms montre ce frottement presque à nu, avec un studio accusé d’avoir fait retirer des créations de fans dans un univers qui, justement, n’appartient pas vraiment à une seule personne.

Quand un univers né en ligne rencontre la machine studio

Ces derniers jours, des fans de Backrooms ont signalé la suppression de plusieurs œuvres sur différentes plateformes après des signalements pour copyright attribués à A24. Il est question de jeux, de motifs textiles, de fonds d’écran et d’autres créations. Le point sensible, c’est que ces contenus ne renvoient pas forcément au film, mais à l’écosystème plus large de Backrooms, ce grand terrain de jeu de l’horreur liminale né bien avant son adaptation cinéma.

Le malaise vient de là. On parle d’un concept poussé par des communautés en ligne, dans la lignée de l’analog horror et des creepypastas, pas d’un univers verrouillé dès le départ par une major.

Kane Parsons désamorce une partie du feu, pas tout

Sur Reddit, Kane Parsons a réagi rapidement en expliquant qu’il examinait la situation et que cela ne devait pas arriver. Puis, sur Discord, le réalisateur a précisé avoir échangé avec A24. Résultat, certains retraits, en particulier les fonds d’écran, auraient été effectués par erreur.

Mais tout n’est pas réglé. D’après Kane Parsons, les suppressions touchant certains jeux ainsi que le compte de fan Backrooms Online ne venaient pas de A24. Qui en est responsable, en revanche, reste flou. Et c’est là que son attitude compte quand même un peu plus que le communiqué-type habituel, il suit le dossier de près, tout en rappelant que la résolution du problème relève d’abord du studio.

Le vrai sujet, ce sont les droits sur les mythes du web

Le succès du film est massif, et c’est plutôt une bonne nouvelle pour les histoires originales. Mais Kane Parsons, malgré sa série web virale puis le film, ne possède pas le concept global de Backrooms. L’idée vient d’une photo dérangeante postée il y a des années sur 4chan, puis enrichie par une foule de créateurs, d’histoires et de variantes.

En gros, tout ce qui touche à Backrooms n’appartient ni automatiquement à Kane Parsons, ni à A24. C’est ce qui rend ces retraits si délicats, et à mon avis assez mal inspirés, même lorsqu’ils relèvent d’une erreur.

Une alerte pour les futurs films tirés des horreurs virales

Ce dossier arrive au moment où les studios regardent de plus en plus les phénomènes horrifiques du web. The Mandela Catalogue et Cartoon Cat ont déjà été récupérés par de gros acteurs du secteur. De son côté, la franchise V/H/S doit aussi s’attaquer à la SCP Foundation, probablement l’univers collaboratif de science-fiction horrifique le plus vaste du genre.

Là aussi, beaucoup de fans ont tiqué, parce que les créations liées à la SCP Foundation appartiennent à leurs auteurs et à leur communauté, pas à une entité unique pouvant tout verrouiller. Si l’épisode Backrooms crée un précédent, même involontaire, on risque de voir revenir ce conflit partout où un studio voudra adapter une légende née d’internet.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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