En bref
- Ryan Gosling a souffert de l’isolement du tournage
- Julia Roberts l’a poussé vers une solution improbable
- Moppy Ringwald a fini dans le film
Un film de SF bardé d’écrans LED, des moyens lourds, un duo de réalisateurs chevronnés, et pourtant ce qui a aidé Ryan Gosling à tenir, c’est une serpillière avec une robe. Dit comme ça, c’est absurde. Mais ça raconte assez bien ce qu’est Project Hail Mary, un film où la prouesse technique ne remplace pas toujours la présence humaine.
Un film spatial pensé pour l’isolement
Dans Project Hail Mary, Gosling joue le docteur Ryland Grace, seul humain à bord d’un vaisseau envoyé vers un soleil lointain. À l’origine, ils devaient être trois. Sauf que ses compagnons meurent pendant le trajet, et le personnage se réveille à des années-lumière de chez lui, perdu, barbu, avec des souvenirs à reconstruire.
Plus tard, Grace finit bien par trouver un peu de compagnie avec Rocky, un alien décrit comme une araignée de roche intelligente, incarné par James Ortiz. Mais pendant une bonne partie du film, et donc du tournage, Gosling était seul face à lui-même. Forcément, l’isolement du personnage a commencé à déborder sur l’acteur.
La parenthèse Julia Roberts qui change tout
À un moment, Gosling a expliqué qu’il en avait assez de jouer seul. En quittant le plateau pour souffler un peu, il est tombé sur Julia Roberts, qui tournait After the Hunt, autre production Amazon MGM Studios. Ils ne s’étaient jamais parlé avant, mais elle s’est assise avec lui et ils ont discuté.
Elle lui a raconté qu’elle s’amusait beaucoup sur le film de Luca Guadagnino, puis l’a invité à passer. Gosling y a découvert une scène de fête, avec des gens qui buvaient, riaient, semblaient passer un bon moment. Contraste total avec son propre tournage. C’est là qu’il a mesuré, clairement, à quel point le travail avec d’autres acteurs lui manquait.
Moppy Ringwald, la partenaire de scène improbable
De retour sur Project Hail Mary, il a demandé un partenaire de jeu. Sa solution ? « Je veux un ami, je veux quelqu’un avec qui jouer », a-t-il raconté, avant de proposer de transformer une serpillière en personne. Phil Lord et Christopher Miller ont suivi.
Ils ont arrêté ce jour de tournage, cherché du scotch, des lunettes et une robe sur le plateau, puis fabriqué cette drôle de silhouette. Son nom, Moppy Ringwald. Le genre de blague qui finit par devenir un vrai outil de travail.
Pourquoi cette anecdote compte au-delà du gag
Le détail est amusant, mais il dit quelque chose de précis. Même sur un plateau ultra-moderne, rempli d’écrans LED fonctionnels, ce qui a sauvé certaines scènes n’était pas la machine, mais un point d’ancrage, même bricolé. Un partenaire, en gros.
Gosling en a tiré sa propre morale, avec humour : « Si vous avez un problème et que vous n’arrivez pas à le résoudre, parlez à Julia Roberts. Elle le résoudra pour vous. » Et Moppy Ringwald n’a pas servi qu’en coulisses : la créature fait un caméo furtif dans le film et apparaît davantage dans les scènes coupées. Derrière la vanne, il reste une idée simple. Le cinéma le plus technique du moment tient encore, quand même, sur de la présence et du jeu.