En bref
- Un trailer interne de 1993 refait surface
- Universal visait une série animée adulte
- Spielberg aurait stoppé le projet
En 1993, Jurassic Park n’était visiblement pas pensé comme un simple film. Universal préparait déjà un prolongement animé, des figurines, une identité visuelle revue, bref une vraie extension d’univers. Trente-trois ans plus tard, cette stratégie oubliée reprend forme avec la réapparition d’un trailer interne de Escape From Jurassic Park.
1993, quand Universal voyait déjà plus grand
Le matériel a été remis en circulation par Jurassic Library sur X, avec des documents internes signés Kenner. Parmi eux, une lettre datée du 18 juin 1993 relie explicitement la série à la deuxième vague de figurines Jurassic Park. Ce n’est pas un détail. On parle d’un projet déjà branché sur la machine commerciale du film, alors même que la franchise n’en était qu’à son point de départ.
Le trailer, lui, montre aussi un nouveau logo, où le célèbre squelette de T. rex disparaît au profit d’un dinosaure vivant. Rien que ça raconte une autre direction, plus expansive, moins figée dans l’icône du premier long-métrage.
Une série animée étonnamment adulte pour l’époque
Visuellement, le niveau surprend encore. L’animation est détaillée, autant sur les dinosaures que sur les personnages humains, avec un rendu qui donne presque le vertige quand on pense au rythme d’une série hebdomadaire de 30 minutes. Pas de quoi fantasmer sur une production facile à tenir, quand même.
Le développement était supervisé par Will Meugniot, avec William Stout sur le design des créatures et des personnages. Universal cherchait une série animée de prime time, plus adulte, mêlant animation traditionnelle, CGI et esthétique de roman graphique. Et ce n’était pas absurde dans le parcours de Steven Spielberg, déjà lié à Tiny Toon Adventures, Animaniacs et au studio Amblimation, qui sortira aussi We’re Back! A Dinosaur’s Story en novembre 1993.
Des dinos hors d’Isla Nublar, et franchement très années 90
Sur le fond, la série devait reprendre après le film. John Hammond voulait récupérer Isla Nublar puis ouvrir enfin le parc au public. En parallèle, BioSyn préparait le vol d’œufs de dinosaures pour bâtir son propre site en Amérique du Sud.
Mais le plus parlant est ailleurs. Kenner imaginait des Dino Trackers, où l’on retrouvait Alan Grant et Ian Malcolm, face aux Dino Raiders, des mercenaires spécialisés dans la capture de créatures préhistoriques pour les revendre. La logique changeait complètement. Jurassic Park sortait de l’île, allait vers la conservation, le braconnage, l’aventure en série.
Un épisode prévu, Brachiosaurs on Broadway, démarrait avec un joggeur découvrant 20 brachiosaures en train de manger la cime des arbres dans Central Park. Des braconniers à moto débarquaient ensuite avant que les héros ne renvoient les animaux au parc. Excessif, oui. Et très efficace.
Pourquoi le projet a disparu, et pourquoi ça compte encore
Le dessin animé n’a jamais été lancé parce que Steven Spielberg n’a pas donné son feu vert. D’après William Stout, le cinéaste s’était lassé du merchandising autour du blockbuster. Le projet a donc été abandonné.
Depuis, la franchise a bien tenté l’animation avec Jurassic World: Camp Cretaceous puis Chaos Theory. Mais ce trailer retrouvé rappelle une chose simple, et assez frustrante. Dès 1993, Universal avait entre les mains une version plus étrange, plus audacieuse, peut-être plus libre, de Jurassic Park.