En bref
- 30 minutes ont été retirées du début
- Le premier montage durait presque quatre heures
- Le film est disponible sur MGM+
Parfois, le vrai coup de génie d’un blockbuster, c’est ce qu’on ne voit jamais. Project Hail Mary, l’un des gros cartons de 2026 au box-office, a visiblement trouvé sa forme finale en jetant par-dessus bord une bonne demi-heure de film.
Un héros en vrac, mais pas trop longtemps
Au départ, le réveil de Ryland Grace, joué par Ryan Gosling, prenait beaucoup plus de place. Dans le film, ce prof se découvre seul dans l’espace, très loin de la Terre, sans souvenir de la façon dont il est arrivé là, alors qu’une mission lui tombe dessus, sauver l’humanité de l’extinction. L’idée, sur le papier, avait de quoi justifier une longue descente nerveuse.
Mais Phil Lord et Chris Miller ont fini par compresser cette matière. Lord raconte qu’ils ont ramené la séquence à la durée d’une chanson de Kris Kristofferson. En clair, environ 30 minutes de scènes où Grace panique, boit et n’arrive à rien ont disparu. Et ce n’est pas un détail de finition, c’est un changement de regard sur le personnage.
Le premier montage allait beaucoup trop loin
Ce choix s’explique aussi par l’ampleur du chantier. La première version de Project Hail Mary approchait les quatre heures, avec au passage des retours décrits comme particulièrement durs. Pour un gros film de studio, ce n’est pas absurde. Le roman d’Andy Weir offrait déjà beaucoup de matière, et le scénario de Drew Goddard aussi. Ensuite, l’équipe a encore tourné davantage.
Résultat, il a fallu trancher large. Là où certains films grignotent quelques minutes ici ou là, Lord et Miller avaient carrément des blocs entiers à retirer. Le parallèle avec John Wick: Chapter 4, lui aussi passé par une version d’environ quatre heures, dit quelque chose d’assez simple, plus long ne veut pas dire meilleur. La copie finale de Project Hail Mary dure tout de même 2 h 36.
Pourquoi ce choix compte au-delà du simple rythme
Le plus intéressant est ailleurs. Chris Miller explique qu’ils voulaient montrer la vulnérabilité, la peur et la fragilité de Grace. Pas un héros câblé pour foncer dans un immeuble en flammes, plutôt un microbiologiste brillant qui doit apprendre à devenir courageux. Vous voyez le mouvement.
Du coup, l’équilibre est fin. Il faut que le public comprenne sa détresse, mais sans s’y noyer. Phil Lord résume assez bien le problème avec cette remarque, « on peut être triste pendant deux minutes dans un film, mais après, il faut avancer ». C’est brutal, un peu, mais c’est souvent vrai.
Et c’est sans doute là que Project Hail Mary touche juste. Le montage ne sert pas seulement à raccourcir, il calibre l’empathie. Pour le cinéma SF grand public, ce n’est jamais anodin. Le film est maintenant disponible en streaming sur MGM+.