En bref
- Cinq sagas fantasy traversent une mauvaise passe
- Annulations, flops et fuites plombent leur élan
- Le souci touche Hollywood et parfois le public
Il y a un paradoxe assez net avec la fantasy. Ce sont des univers pensés pour durer, s’étendre, muter d’un médium à l’autre. Et pourtant, plusieurs licences majeures, connues, aimées, déjà installées dans la culture pop, avancent aujourd’hui de travers. Pas faute de matière. Plutôt faute d’exécution, ou d’un public qui ne suit pas au bon moment.
Des univers géants, des résultats étonnamment fragiles
On parle ici de franchises qui devraient rouler toutes seules, ou presque. Buffy the Vampire Slayer, The Lord of the Rings, Masters of the Universe, Dungeons et Dragons et Avatar: The Last Airbender ont soit une base de fans énorme, soit un poids historique évident, souvent les deux.
Mais la réalité est moins flatteuse. Certaines sont sous-exploitées, d’autres mal pilotées, d’autres encore n’arrivent pas à transformer leur capital sympathie en succès concret. Résultat, on se retrouve avec des marques très fortes qui donnent l’impression de survivre plus qu’elles ne prospèrent.
Quand les adaptations live-action ratent la cible
Le cas de Dungeons et Dragons est presque frustrant. Le RPG de table se prête à tout, livres, séries, films. Pourtant, en live-action, la licence cale. Le film de 2000 reste mal vu, et Dungeons et Dragons: Honor Among Thieves, pourtant salué, n’a rapporté qu’environ 176 euros millions (205 millions de dollars) pour un budget estimé à environ 129 euros millions (150 millions de dollars). Malgré un second souffle en streaming, la suite ne semble pas d’actualité. C’est donc la future série de Netflix qui porte l’espoir.
Chez Avatar: The Last Airbender, le problème change de forme, mais pas de fond. La série originale garde une réputation quasi intouchable, 21 ans après. The Legend of Korra reste divisive, en partie à cause d’une construction saison par saison qui a empêché une vraie vision d’ensemble. Et l’adaptation live-action de Netflix crispe, d’autant que Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko n’y participent pas. Plus embêtant encore, le film The Legend of Aang, attendu pour 2026, a fuité en ligne cette année.
Le poids des annulations et des faux départs
Pour Buffy the Vampire Slayer, le sujet est presque cruel. La série reste une référence, à la fois pour sa narration surnaturelle et sa représentation. Elle a eu des romans, des comics, un film, puis Angel, finalement annulée.
Mais le vrai coup dur, c’est l’abandon du reboot chez Hulu. Avec Sarah Michelle Gellar impliquée et Chloé Zhao à la réalisation, le projet avait du poids. Son annulation, après d’autres tentatives stoppées, laisse une impression de gâchis assez difficile à justifier.
Même les géants ne sont pas à l’abri
Même The Lord of the Rings, pourtant fondatrice pour tout le genre, patine. Hollywood connaît évidemment la valeur de l’œuvre de J.R.R. Tolkien, mais les projets récents donnent le sentiment de tirer soit trop fort sur la nostalgie, soit sur des changements de canon qui sortent le public de l’histoire. Et avant même leur sortie, une partie d’entre eux traîne déjà un climat de rejet en ligne.
Du côté de Masters of the Universe, la situation est plus sèche. Le film de 2026 n’a rapporté qu’environ 92 euros millions (107 millions de dollars) pour un budget annoncé à environ 146 euros millions (170 millions de dollars), ce qui ressemble à un flop net. Et She-Ra and the Princesses of Power, pourtant appréciée, n’est plus disponible en streaming depuis février.
Le souci ne touche pas une seule saga. Il dit quelque chose de plus large sur la manière dont les studios recyclent des mondes déjà aimés sans toujours savoir comment les faire grandir, ni comment garder les fans avec eux sur la durée.