En bref
- Starfighter miserait sur des décors physiques
- Aaron Pierre décrit un tournage très immersif
- Star Wars cherche le bon équilibre créatif
Le prochain grand test de Star Wars ne tient peut-être pas à son histoire, mais à ses murs, sa boue et à ce que les acteurs peuvent vraiment toucher. Après des années de plateaux virtuels très visibles, Star Wars: Starfighter semble prendre une autre route.
Le décor, ce détail qui n’en est pas un
Avec Disney, la saga a connu des hauts et des bas, des réussites comme Rogue One, Andor ou les débuts de The Mandalorian, et des passages nettement plus fragiles. Le problème de The Mandalorian n’a d’ailleurs pas seulement été narratif. Une partie du public s’est lassée du Volume, ce studio de production virtuelle utilisé par Lucasfilm à la place de décors physiques.
On l’a aussi vu autour de The Mandalorian and Grogu, qui n’a pas du tout trouvé le succès espéré au box-office. Trop tard pour corriger ce film, même s’il aurait moins utilisé le Volume que la série. Mais pour la suite, le signal envoyé par Starfighter compte quand même.
Aaron Pierre décrit un plateau très concret
C’est Aaron Pierre, encore discret sur son rôle, qui donne l’indice le plus intéressant. Dans un entretien à GQ, l’acteur explique que des mondes entiers ont été construits pour qu’on puisse les traverser, les toucher, y entrer et y grimper. Il ajoute que la musique lancée avant une scène donne l’impression d’être sur une scène de théâtre et insiste sur un détail très simple, mais parlant, la boue est réelle.
Bref, on comprend l’idée. L’immersion ne passe pas seulement par les effets visuels. Elle passe aussi par la matière, par le poids d’un lieu, par un plateau qui oppose de la résistance au corps des acteurs. Et sur une saga comme Star Wars, ça change beaucoup de choses à l’image.
Original, mais toujours identifiable comme Star Wars
Le point délicat, depuis quelques années, est là. Le public veut du neuf, comme l’a montré le succès de Andor. Mais il sanctionne aussi ce qui ressemble trop à une redite, comme The Force Awakens, souvent critiqué pour sa proximité avec A New Hope.
À l’inverse, les écarts jugés trop importants ont aussi suscité des réactions, avec The Acolyte ou, dans une moindre mesure, Skeleton Crew. Starfighter pourrait justement occuper cet entre-deux. Le film semble centré sur des pilotes, pas sur les Jedi, les Sith, les Skywalker ou même la Force. Une idée originale, mais avec une fabrication plus tangible qui peut le garder dans l’ADN visuel de la saga.
Un casting solide, et surtout un test pour la suite
Autour de Ryan Gosling, le casting aligne aussi Amy Adams, Mia Goth, Matt Smith et Aaron Pierre. Pas mal de noms, oui, mais l’essentiel est ailleurs. Si Starfighter confirme ce retour à des décors pratiques, il pourrait surtout montrer que Lucasfilm a enfin compris où une partie du lien avec le public s’était distendue.
Et ça dépasse un film. Parce que sur une franchise aussi installée, la forme n’habille pas le fond, elle décide aussi de la confiance pour les années qui viennent.