DuckTales au cinéma, ce pastiche d’Indiana Jones oublié trop vite

Sorti le 3 août 1990, DuckTales the Movie a raté le box-office malgré de bonnes critiques. Son vrai intérêt est ailleurs, dans un étonnant aller-retour avec Indiana Jones.

La Bande à Picsou, le film - Le Trésor de la lampe perdue
La Bande à Picsou, le film - Le Trésor de la lampe perdue — Walt Disney Pictures / PR-ADN

En bref

  • Sortie le 3 août 1990
  • Critiques solides, box-office décevant
  • Un vrai lien avec Indiana Jones

Le plus intéressant avec DuckTales the Movie: Treasure of the Lost Lamp, ce n’est pas seulement son côté parodie. C’est la boucle qu’il referme. Le film emprunte à Indiana Jones, alors même que Steven Spielberg et George Lucas ont expliqué que Picsou avait, à l’origine, nourri leur imaginaire pour le célèbre archéologue. Résultat, une œuvre qui ressemble moins à une imitation qu’à un retour à l’envoyeur.

Quand la parodie boucle la boucle

Avant d’être un héros de cinéma, Indiana Jones était déjà un concentré de vieux romans d’aventure, de serials et de films de cape et d’épée. C’est aussi pour ça qu’il a été tant parodié, des Simpson à UHF. Son personnage résume à lui seul tout un genre.

Mais il y a mieux. Les aventures de Picsou signées Carl Banks avaient elles-mêmes ce souffle-là, très visuel, très rythmé. Et l’ouverture culte des Aventuriers de l’arche perdue reprenait directement l’histoire The Seven Cities of Cibola, publiée en septembre 1954 dans Uncle Scrooge #7. En gros, les vieux récits d’aventure inspirent Banks, qui inspire ensuite Indiana Jones, qui inspire à son tour DuckTales au cinéma.

Un film d’aventure très calibré années 90

Sorti le 3 août 1990, le long-métrage envoie Picsou, Riri, Fifi, Loulou et Zaza en Égypte, où ils tombent sur une lampe magique. Un mage maléfique veut s’emparer du génie pour dominer le monde, et la petite troupe se retrouve à devoir sauver la situation.

Le casting vocal avait de quoi attirer l’œil, avec Christopher Lloyd, Russi Taylor et Rip Taylor. On est dans une aventure familiale nerveuse, pleine de poursuites et d’énergie cartoon, avec ce vernis exotique que le cinéma d’aventure des années 80 et 90 adorait.

Bon accueil, mauvais ticket d’entrée

C’est là que le film se casse un peu les dents. Malgré des critiques favorables, qui saluaient son humour, son rythme et son efficacité, DuckTales the Movie n’a pas suivi en salles.

Avec un budget d’environ 18 millions d’euros (20 millions de dollars), il n’a rapporté qu’environ 16 millions d’euros (18 millions de dollars). Pas un gouffre du niveau de The Black Cauldron, mais assez pour faire tomber les suites prévues. Et ça, pour une franchise pensée comme un univers extensible, ça change tout.

Pourquoi ce faux départ compte encore

Le film s’insérait entre la troisième et la quatrième saison de la série DuckTales, qui a encore tenu une saison après sa sortie. Puis plus grand-chose. La franchise est restée endormie jusqu’au reboot lancé par DisneyXD en 2017.

Cette nouvelle version a duré trois saisons, jusqu’en 2021, avec un accueil critique très solide. Ce qui rend le film de 1990 assez fascinant, quand même, c’est qu’il n’a pas seulement tenté de faire exister DuckTales sur grand écran. Il a aussi rappelé qu’entre la BD, l’animation télé et le grand cinéma d’aventure, les influences circulent dans les deux sens. Et parfois, l’histoire pop se joue précisément là.

Morgan Fromentin

Spécialiste Pop Culture

Depuis 2018, je décrypte l'actualité technologique ainsi que les dernières nouveautés cinéma et séries sur Begeek.fr.

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