En bref
- Vaiana a relancé le débat chez Disney
- Le problème, c’est aussi le mauvais timing
- Cinq films semblent mieux taillés pour un remake
Le revers de Vaiana dit quelque chose de simple sur la stratégie remake de Disney. Le studio ne peut plus se contenter de reprendre un film trop récent, ni de promettre une version en prises de vues réelles qui rejoue l’animation image par image. Sur ce terrain, l’original gagne presque toujours.
Le vrai signal envoyé par Vaiana
Depuis des années, Disney aligne des résultats très inégaux. Il y a les cartons comme Aladdin ou Lilo et Stitch, les adaptations plutôt bien reçues comme Beauty and the Beast et Cruella, puis les échecs critiques et commerciaux. Vaiana, justement, renvoie à une évidence, le remake arrivait trop tôt.
Ce constat change la question. Le sujet n’est plus seulement de savoir quel film refaire, mais pourquoi celui-là mérite une nouvelle version. Et si le projet n’apporte qu’une traduction réaliste de scènes déjà plus fortes en animation, l’intérêt reste mince.
Pourquoi les films moins intouchables sont les meilleurs candidats
Les titres les plus sacrés du catalogue posent un piège. Refaire Le Roi Lion ou La Belle et la Bête, c’est se mesurer à des références déjà gravées dans la mémoire collective. Pas idéal.
À l’inverse, des films plus discrets, parfois mal aimés à leur sortie, laissent de l’air. Des œuvres sous-estimées offrent davantage de liberté, et c’est là que le live-action peut avoir un sens, en corrigeant, en enrichissant, en réinterprétant. Pas en photocopiant.
Atlantide, La Planète au trésor et Bienvenue chez les Robinson, le pari spectacle
C’est sans doute du côté de la science-fiction et de l’aventure que la piste paraît la plus solide. Atlantide, l’empire perdu pourrait devenir un grand film d’exploration, avec une cité sous-marine spectaculaire si les effets suivent. Le risque, quand même, c’est son identité visuelle animée, l’un de ses meilleurs atouts.
Même logique pour La Planète au trésor. Son mélange entre space opera et esthétique steampunk, avec des vaisseaux qui empruntent aux voiliers classiques, a de quoi créer un vrai univers de cinéma. Et le lien entre John Silver et Jim Hawkins lui donne un ancrage émotionnel qui dépasse le simple gadget visuel.
Puis il y a Bienvenue chez les Robinson, film arrivé à une période compliquée pour Disney. Son voyage dans le temps, son ton de comédie SF et une animation 3D de 2007 pas toujours très élégante en font un candidat logique. Certaines idées pourraient même mieux marcher aujourd’hui en live-action.
Taram et le Chaudron magique et Le Bossu de Notre-Dame, la voie plus sombre
Deux autres films se distinguent parce qu’ils n’essaient pas d’être rassurants. Taram et le Chaudron magique, avec son héros de ferme, son chaudron mythique et le Seigneur des Ténèbres, porte déjà une ambiance de dark fantasy. Le film avait déstabilisé dans les années 1980, mais cette étrangeté pourrait devenir sa force.
Et Le Bossu de Notre-Dame a un avantage rare. Son décor, Notre-Dame, sa noirceur et son poids musical peuvent très bien basculer vers le live-action. Certains éléments, comme les gargouilles, gagneraient même à être repensés. Si Disney garde les chansons, notamment « Hellfire », là, il y a peut-être plus qu’un remake. Il y a une correction de trajectoire.