En bref
- Andy Weir choisit Doctor Who
- Un choix cohérent, pas gratuit
- Les trois franchises se répondent
Quand on demande à Andy Weir de trancher entre Star Trek et Star Wars, il répond « Doctor Who ». C’est sec, un peu taquin, et surtout assez juste.
Une réponse courte, mais très révélatrice
L’auteur de Project Hail Mary et de The Martian a donné cette réponse à BookBrowse. Sur le papier, ça ressemble à une pirouette. En réalité, ça colle assez bien au personnage. Andy Weir est connu comme un fan de Star Trek, au point que son écriture partage souvent avec la saga cette vision optimiste et progressiste du futur.
Et il y a un autre indice. Andy Weir a déjà reconnu avoir écrit de la fan-fiction Doctor Who, faute de pouvoir travailler officiellement sur la franchise britannique. Bref, son choix ne sort pas de nulle part.
Star Trek et Star Wars, deux visions qui ne jouent pas le même match
Le vieux duel entre Star Trek et Star Wars tient souvent plus de la guerre de chapelles que de l’analyse. Les deux ont connu des sommets, les deux ont aussi traversé des périodes plus faibles, et les deux ont été façonnés par des logiques commerciales. Pas très romantique, mais c’est la réalité.
Ce qui compte davantage, c’est leur ADN. Star Trek peut aller vers l’action, mais ce n’est pas son cœur. La franchise regarde la science pour imaginer ce que l’humanité pourrait devenir, tout en gardant une part de fantastique sous une couche de jargon techno parfois franchement bancale. On est loin de la rigueur plus terre-à-terre de The Martian.
En face, Star Wars assume presque d’emblée la fable. Son fameux cadre, très éloigné dans le temps et l’espace, évoque des récits héroïques presque médiévaux. Mais avec le temps, la saga a aussi intégré davantage d’éléments de science-fiction, sans cesser d’être nourrie par des idées philosophiques et spirituelles. Du coup, les deux univers se complètent plus qu’ils ne s’opposent.
Pourquoi Doctor Who sert de pont entre les deux
C’est là que Doctor Who devient intéressant. La série partage avec Star Trek ce goût pour le babillage scientifique qui permet de faire tenir debout des concepts très libres, ici autour d’un être quasi immortel qui traverse le temps et l’espace pour essayer de faire le bien.
Mais elle rejoint aussi Star Wars sur un autre terrain, celui du conte moral. Le bien et le mal y sont présents, oui, sauf qu’ils sont souvent discutés, testés, bousculés. Et la dimension politique n’est jamais loin, puisque Doctor Who réévalue régulièrement l’histoire humaine tout en parlant du présent.
C’est sans doute pour ça que la réponse d’Andy Weir fonctionne si bien. Elle évite de choisir un camp, mais elle raconte surtout autre chose, la manière dont la science-fiction populaire mélange science, mythe et commentaire du monde. Et ça, pour la suite des grandes franchises, ce n’est pas un détail.