En bref
- Microsoft crée XP pour ses adaptations
- Xbox Pictures ne produira pas seule
- Des projets existent déjà chez Amazon et Netflix
Microsoft veut mieux contrôler ce que devient Xbox en dehors de la console. C’est le sens de XP, nouvelle structure chargée de pousser les licences maison vers le cinéma, la télévision, les produits dérivés, les partenariats et les expériences en public. Sur le papier, Xbox Pictures sonne comme un vrai bras armé hollywoodien. En pratique, c’est plus nuancé.
Une division pensée pour étendre Xbox, pas pour produire seule
Le point important est là. XP n’est pas une société de production classique. Sa mission consiste surtout à repérer le bon partenaire pour chaque licence Xbox, puis à accompagner le développement du projet comme intermédiaire entre la marque et le studio retenu.
Asha Sharma, nommée directrice générale en février à la place de Phil Spencer, a présenté XP comme une façon de formaliser quatre chantiers d’investissement. Il y a Xbox Pictures pour les adaptations en film et en série, Xbox Products pour la licence et le merchandising, Xbox Partnerships pour les sponsors et partenaires de marque, puis Xbox Places pour les événements, les parcs à thème et les expériences sur site. Bref, l’idée n’est pas seulement de faire des films, mais de traiter Xbox comme une franchise culturelle plus large.
Kayleen Walters à la manœuvre, dans une Xbox qui se réorganise
À la tête de XP, on retrouve Kayleen Walters, ancienne de Lucasfilm et actuelle présidente de Mojang, le studio derrière Minecraft. Son poste chez Mojang sera repris par Maria Angelidou-Smith.
Ce n’est pas un détail. Cette annonce s’inscrit dans une phase de réorganisation plus large chez Xbox, déjà marquée par des licenciements importants depuis l’arrivée de Asha Sharma. Et le choix de Kayleen Walters raconte quelque chose, quand même. Microsoft cherche visiblement quelqu’un capable de gérer une marque transmedia, pas juste d’empiler des adaptations.
Le vrai défi commence avec des projets déjà lancés
Le catalogue ne manque pas. Call of Duty, Gears of War, Diablo, Halo, Forza, The Elder Scrolls, Warcraft, Fallout ou encore Candy Crush, il y a de quoi alimenter des années de films et de séries. Sauf que posséder de grosses licences ne garantit rien. Jusqu’ici, seule l’adaptation de Fallout a vraiment fonctionné, là où Halo et Warcraft ont surtout montré à quel point l’exercice est fragile.
Et XP arrive alors que plusieurs dossiers avancent déjà sans elle. Amazon travaille sur une troisième saison de Fallout. Un film Call of Duty est en développement avec Taylor Sheridan et Peter Berg. Netflix développe une série animée Diablo et produit aussi un film Gears of War. De son côté, Xbox a récemment récupéré le prochain projet de Hideo Kojima, PHYSINT, et envisagerait d’en accélérer l’adaptation.
Résultat ? XP a enfin une existence officielle, mais sa vraie valeur se jouera ailleurs, dans sa capacité à peser sur des adaptations déjà en route et à éviter que les grosses licences Xbox ne deviennent de simples logos collés sur des projets inégaux.