En bref
- Clayface oublie presque totalement Batman
- Le choix protège le futur du DCU
- Reste à relier le film au reste
Le détail saute aux yeux assez vite. Clayface se passe à Gotham, mais on pourrait croire que Batman n’y a jamais mis les pieds.
Un Gotham sans ombre de chauve-souris
C’est là que le film intrigue, et pas dans le bon sens. Malgré son cadre ultra identifié, il n’y a aucune référence au justicier, ni dans les dialogues, ni dans les bandeaux d’info, ni dans les unes de journaux qui traversent le récit. Même constat pour Bruce Wayne, totalement absent.
Le plus curieux, c’est que le film prend quand même soin de citer certains lieux de Gotham, comme les Narrows ou Amusement Mile. Mais même Crime Alley n’a droit à rien. Résultat, la ville paraît moins vivante qu’attendu, presque générique, comme si tout ce qui fait battre l’arrière-plan de Batman avait été retiré du cadre.
Le DCU avait pourtant déjà posé Batman
Ce silence serait plus facile à accepter si le DCU n’avait encore rien montré. Sauf que ce n’est pas le cas. Dans Creature Commandos, qui marquait aussi la première apparition canonique de Clayface, Batman apparaissait déjà brièvement, dissimulé dans l’ombre.
Et il y a plus récent. Dans Lanterns, Guy Gardner faisait clairement comprendre que Batman opère bien dans cet univers, avec une allusion à son propre signal de Green Lantern. Ajoutez à ça les plans de James Gunn pour The Brave and the Bold, avec une place importante accordée à la Bat-Family, et l’image est nette, ce Batman existe déjà, et il est connu.
Pourquoi DC préfère ne rien figer
Bon, on comprend quand même la logique. Comme le Batman du DCU n’a pas encore d’acteur, ni de design officiel, DC Studios évite de semer un détail qui deviendrait aussitôt sacré pour les fans.
Une photo, un costume aperçu au fond d’un plan, une Batmobile, et vous créez une contrainte pour le futur. Le problème, ce n’est pas le clin d’œil, c’est ce qu’il impose ensuite à The Brave and the Bold et à son réalisateur. Du coup, le choix a du sens, même s’il reste frustrant dans l’exécution.
Un film apprécié, mais encore très seul
Il y a aussi une autre lecture. DC Studios a peut-être gardé Clayface à distance au cas où il faudrait le traiter comme un projet à part. Sauf qu’à en croire les premiers retours, le film plaît plutôt bien, en tout cas davantage que des tentatives récentes comme Morbius ou Madame Web.
Mais le vrai sujet est là. Comment raccrocher maintenant Clayface au reste de l’univers, alors que tout dans le film semble pensé pour l’isoler ? La fin laisse le personnage libre de réapparaître. Reste à voir si DC en fera un morceau du puzzle, ou juste une parenthèse très à part.